‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 56 sur 160 · LIVRE SEGOITD. l*kC · texte numérisé non relu

LIVRE SEGOITD. l*kC

en faut croire la plainte (i) d'un officier prcsbj^érien , Cromwell , dans cette mission , flatta ouvertement l'esprit séditieux des troupes , et se répandit en plaintes sur Tinjuste sévérité du parlement. Les officiers , après avoir écouté les commissaires , voulurent consulter les soldats.

De là naquit ce fameux conseil des agita- ^g teurs, composé 'de soldats élus par chaque régiment 7 pour délibérer de concert avec un conseil supérieur, formé de généraux et d'officiers. Ces deux chambres , d'une espèce nouvelle , avaient , par leurs épées , un grand avantage sur le parlement de Westminster.

Elles produisirent bientôt de nouvelles réclamations. Cette attaque, participant de la manie théologique du temps, s'annonçait par des' écrits polémiques et d'interminables discus* sions. Les troupes demandaient soixante -six semaines de paye, au lieu de huit qite le parlement leur accordait

(i) Thorloe's state papers, v. i, p. 94. -^ Memoirs ofi Denzil lood Holles, p. 78.

l3o HISTOIRE DS CROMWfLL.

Le licenciement et la guerre d'Irlande étaîeat en horreur; et les deux conseils militaires retentisaaient de plaintes c(mtve la tyrannie et les proeédés outrageux du parkment L'armée s'indignait particolièreraent quon l'eût soupçonnée de Touloir repls^oer Le Roi sur le trône. Les commissaires revinrent annoncer au parkment ce qu'ils avaient vu. Cromwell assura (i) qu'il avait £ùlli devenir vidâme de la foreur el des préventions de l'annéa Dans, les délits qiie fit naître ce récit, il édis^qxi. quelques asenaces^ à l'indiifnatîoo des coumMines. Cronawell les entendant ^ dit loua bas k hmdr' low : « Ces gens-lk ne se tiendront pasi tran- « quittes (s) que l'anobée ne leur aii tiré le» <( oreilles. » Cependant les communes, prârent de nouvelles résoLuttonft &vorablea à l'aruiéei ^ conuBe si ellea avaient cru poiuvoif^ acheter sou obéissancfi par dea confiesaiwia qui loâ moulraienjb sa iorce. Elles vcrtèst ne que U iér claration portée contate la prewcre péfttiien

(i) Tburloe*8 state papers, v. i , p. 94. — Ludlow's memoîcs, v. i , p. st&3.

(2) Ladlow*8 mèmoirs , y. i , p. 189.

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de rsdrmée tarait eS^ùée àeÉ i^egis<!ped. Ici , dit Whilelodie (i), fe paiement se teifdt éMre les mains de son armée. Elles paâsèMAf )e bill d'indemnité ponr louf» le^ actes kidividnels commis* depuis le commencement dte ta guerçe; mais Taormée retrouva bientôt de nouvelles plaintes et de nouvelles demaûde^.

Après avoir longtemps fermé les yeux sur lés intrigues de Cromwell, sans doute par <^ sentiment assez^ naturel qui fiait beaucoup hé" siter à trouver coupable celui dont la trahison «eraittrop dang'ereuse et trop difficile à punir, ies commune^ commencèrent à s'inquiéter.

Suivant quelques bistorifend , on proposa de faire eirfrrer CroïÂ^^lt, et de le coiiduite à la Tour. D'autres ittémoîres rapportetit, à de sujet, une scène fort e*traordihall?e ; Dcui offi^ ciers avertirent un niembrè dëè èortmunes, Sir Harbotte Grimstone , <Jue , dfeins une réunion militlÉire 4ù l'on parlait d'épurfef l'armée , Cromwell avait dit « Qu'il était sur de l'armée, te mais qu'il coniiftissait un autre corps (c'était

(i) Wttitelocke'tinemorialt, p. aS?.

l32 HISTOIRE DE CROMWELL.

« la chambre des communes ) , dont l'épuraa tion serait plus nécessaire; et, que Farmée « devait se charger de ce soin. » Sir Grimstone se rendit à Westminster , et , interrompant les débats , il déclara que l'existence et la liberté de la chaAibre étaient menacées. Il accusa Cromwell d'un projet d'attentat contre le parlement, et jfit introduire les deux témoins qu'il avait amenés, et qui, devant la barre de la chambre, reproduisirent leur déposition. Alors Cromwell se jetant à genoux, adressa une longue prière à Dieu , attestant son innocence et son dévouement à la chambre : il se soumit à la providence de Dieu, qui jugeait à propos de l'éprouver par le mensonge et la calomnie. Tout cela fut dit avec une grande . véhémence , et accompagné d'un torrent de larmes. Après ce singulier exorde, il se justifia; il justifia tous les officiers , (c hormis im petit a nombre qui voulaient revenir sur leurs pas a et rentrer dans la terre d* Egypte. » Enfin , il parla si long-temps ; il toucha si vivement les esprits ; et il avait un si puissant parti dans la chambre, que l'accusateur vit le moment où

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