‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 61 sur 160 · LIVRE SECOND. t · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. t

Saint John , que sa présence contintieUe à k chambre mettait à portée de senrir toutes les intentions de CromweU. Les Presbytériens , qui reprenaient ain^ ia majorité, totèrent le rappel (i) des membres proscrits, et ordonnèrent de» levées de troupes pour se défendre contre l'arméei L'arrivée des transfuges du parlement fiit pouf Farmée un s^et de triomphe, et une jnstificatioii de toutes ses violences. Il bô sembla que, mâlti^sse de la personne dn Roi , et donnant asyle au parlemettt, die avait dans sa main tous les pouvoirs légitimes.

Le Roi, depuis son enlèvemenc de Holdenby, trouvait dàn% Farmés plus de liberté, d'égards et d'homeieurs qu il ntn avait reçu des commissaires du pariemenl. Les soldats même Isi montraient uoe sopte de te^ect; et les chefs de Y buUpendance é^ienC trop^ habiles pour ne pas employer ce moyen d'ifluskML GroiBwell avait d'abord a£fecié beaucoup de réserve. Dans u» de ses premiers

(i) Meinoirs of D'enzirîordHbïïes, p. 157.

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entretiens avec Charles (i), il ne s'avança pas^ pour lut baiser la main, et il répondit avec fix)ideur à TaflEsibilité et aux politesses touchantes de ce malheureux prince. Il laissa même entendre que, s'il le voyait souvent, il craindrait.de se rendre suspect aux deux chambres. Mais bientôt il changea de langage, devint assidu près du Roi , l'entoura d offîciers^ dévoués à sa politique, et alla jusqu'à lui offrir l'appui des troupes contre le parlement , ajoutant, pour dissiper les doutes de Charles , que l'armée n'était pas composée de soldat»

du parlement , mais de citoyens.

Tout ce manège avait pour but de prévenir la réunion du Roi et des Presbytériens, qui auraient préféré le rétablissement de l'autorité royale à la domination des Indépendants. On ne peut expliquer la crédulité de Charles, que par Tadressç et les parjiu^es de Cromwell, qui lui promettait de le replacer sur son trône, tandis que, dans ses confidences familières, il se vantait, ai avoir le Roi sous sa main^ et le parlement dans sa poche,

(i) Clarendon's history, p. 5oi,

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La Reine d'Angleterre qui, retirée en France après de si nobles efforts , suivait d'un œil inquiet la fortune de Charles, instruite de son séjour au milieu de l'armée , partagea les e^érances que lui-même avait conçues, et fit partir quelques personnes pour l'aider dans les négociations qu'elle prévoyait. Cromwell ^ ^* intercepta pour ainsi dire ces messages (i).

A peine Sir John Berkley , envoyé par la Reine , eut-il le pied en Angleterre , qu'il fut environné d'émissaires de la secte indépendante , et trompé par des lettres où Cromwell se représentait à lui comme un ami de la royauté (2) , convaincu que c'était une entreprise criminelle et impossible de vouloir introduire un gouvernement populaire, en dépit du Roi , de la noblesse, du peuple, des Presbytériens et du génie de la nation , accoutumée depuis si longtemps à la monarchie. Il faisait en même temps ' pressentir à Berkley que les Indépendants ne pouvaient plus avoir d'autre intérêt que le

(i) Ludlow*8 memoirs, t. i , p. 196.

(2) Idem.

l^ IIISTOIHX DE CROBKWELL.

rétaj)lisséifeent da trône ; et il le pl'etiàit à témoin de son zèle , et itivôqaàlt sa reeoixiitiàQdation pour obtenir Testiitie de la fteine.

Cromwell , maîtfe de toutes les issues qui conduisaitint aU Ilôi, persusida satis peine à Berkley qu'il Croyait que la vi^ et la propriété de pérâofiiie n'étaient à Tabri , tant que le Roi n*aurait pas sou pouvoir légitinie. Le parlement qui, par méfiance de Tannée, essayait de se réunir au Roi, avait permis à ce prince , par un vote solennel , de voir ses enfants. Cromwell, témoin de cette entrevue, en parlait à Berkley comme du plus touchant de tous les spectacles ; U versait des larmes à ce souvenir, affectant d'avouer qu'il s'était bien trompé dans son opinion ^ déEsiVorable sur le Roi ; que c'était {t) tê cœur te plus droite et V homme le plus consùienciéUa: des trois royaumes ; que les Indépendants Ini devaient beaucoup de reconnaissance pour n'avoir pas accepté les propositions du parlement, lorsqu'il était dans le camp des Écossais. Le

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(i^ Ladlow*s memoirs, v. i , p. iqq.

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