LIVRE SECOND l
Roi , qui recerait èthi-fois des adresses du parlement et de rarmée, se crut puissant parce qu'il était flatfcé par deux partis rivaux (i). Il ae pCTSuada plua que jamais qu'il pourrait être le conciliateur , et redevenir le m^tre de ceux qui cependant ne se disputaient la puissance y que parce qu'il n'en avait plus luimême. Dans cette intention , il écoutait toutes les offres ; il rechercfayait tous fes services ; il voulut mètne emprunter l'appui de ces agitateurs qui , après avoir servi les desseins de Gromw^ , craignaient qu'il ne fit un traité pour aon compte , et sans consulter leur intérêt.
Cromwell affectait de hâter les conditions d'un accord entre le Roi et l'armée. Il voyait tous les jours les confidents du Roi ; il se plaignait de la lenteur dlreton à condure le traité ; et il répétait en même temps que les intentions favorables de l'armée pouvaient changer u>ut'*iKx>up. On ne peut nier qu'a* lors l'armée ne fît au Roi des conditions plus
^i) LttdloVft memoirt, ▼- x » P- ^9^-
ï48 HISTOIRE DE CROMWELL.
avantageuses que celles du parlement; maië, ^oit que ce prince comptât sur le secours des Presbytériens , qui devaient lui inspirer moins d'aversion que tes Indépendants , soit qu'il fût trompé par de perfides conseils , il rejeta brus^ueiiient les propositions de l'armée ; et, dans ses refus , laissa paraître la confiance que lui inspiraient le^ divisions du .parti vain-* queur (i). «Vous ne pouvez rien: sans moi, « dit-il ; vous tomberez si je ne vous soutiens. » Quelles que fussent les espérances que Charles eût fondées sur la désunion du parlement et de l'armée , elles ne pouvaient durer plus long- temps que la lutte inégale de ces deux pouvoirs. Les émeutes populaires de Londres , et la fuite d'un grand nombre de membres du parlement, donnaient à l'armée le prétexte d'une violence. Fairfax. marcha ^ur Londres , et vint rétablir par la force Tindépendance du parlement. Les membres fugitifs signèrent une déclaration de l'armée, pour annuUer tous les actes parlementaires
(i) LudloVi memoirs, ▼. i , p. «t^.
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passés depuis le a6 juillet; puis, ils entrèrent avec l'armée, qui les conduisit à Westminster (i), et les remit en possession de leurs sièges. Cromwell commandait Tarrière-" garde. Dans cette odieuse invasion, chaque soldat portait une branche de laurier, comme 1647. dans un triomphe. Les deux chambres , ainsi, rétablies , nommèrent Fairfax au gouvernement de la Tour de Londres (a), et votèrent un jour d'actions de grâces solennelles pour le rétablissement des membres du parlement dans leur privilège, sans effusion de . sang. Charles suivit l'armée, et fîit conduit près de Londres, dans la demeure royale de Hamptoncourt. On reprit la poursuite des onze membres désignés. Quelques-uns furent arrêtés; d'autres passèrent sur le continent; et Holles vint se réfugier en France, poiijr attendre l'occasion de combattre avec plus d'avantage les excès d'une révolution , qu'il avait servie d'abord avec tant de zèle. Occupé
(1) Memoirs of Denzil lord Holles, p. 1S6.
(2) Idem. p. i6^8.
l5o HISTOIRE HE GROMWELL.
dans sa retraite à flétrir les hypocrites op* presseurs ée son p^s, il écrÎTak, en terminant les mémoires , oà il a déposé son indi* gnation et ses regKts : « Si j'étais païen , je « dirais a^ec Brutus : O maihmreutt vertu !
« êH vlètaiê donc qm'Min vain ncm ; foi voulu m î'honorer éi te servir comme urne réahJté ^ ^ et tu obéissais toiméme à lafortunel Mais «c le christianisme m'enseigne ime autre phi- <r losophie , et je m'écrie a^ec saint Paul : O «r profondeur admirable de la sagesse de Dieu! a Combien ses jugements sont isf^nMtrables !
a combien ses voies sont imposables à 4é^ a eomvnri »
La dommatîon du parti militaire se marcpia par le rétablissement de toutes ks entraves de la presse. La chambre, à la demande de Fairfax, rendit une <»donnaBce très^rigoureme pour soumettre toute espèce d'écrits à rexmaen d'un œnscur, chobi sur la désignation du général (i). Dans ce pariement soumis et menacé, les Presbytériens avaient encore
(i) TheParliamcntary history, v. xvi, p. Bog.