LIVRE TROISIÈME. l
«r pour la liberté de la nation ; de ne pas lui « donner le moindre prétexte de croire que « vous trahissez ses intérêts, et ne l'obligez ce pas de chercher dans sa. propre force un « salut qu'elle voudrart ne devoir qu'à la vir « gueur de vos résolutions. » En achevanil *^*7 des paroles si expressives , il appuyait , sur la garde de son épée , cette main qui avait ga« gné tant db batailles.*
L'armée que Cromwell avait invoquée dans la discussion approuva, par une adresse so* lennelle , la résolution de ne plus communia quer avec le Roi. La chambre des pairs y donna son assentiment. A l'appui de sa résolution, la chambre des communes fit paraître un ma* nifeste écrit par le colonel Nathanael , et rempli des mêmes accusations , qui servirent plu^ tard pour la mort du Roi. Ludlow(i) et un autre député furent envoyés à Vindsor pour mettre en liberté quelques niveleurs , qui- n'avaient plus d'autre tort que d'avoir voulu faire trop vite ce que le parlement et l'armée
(i) Ludlow*s memoîrs^ v. i , p, aïo.
l66 HISTOIRE DE CROMWELL.
faisaient aujourd'hui. Le roi fîit resserré plus que jamais dans l'île de Vight, et tout parut annoncer un dénouement funeste.
ifiiS. Les Écossais, fideies à leur traité, levaient des troupes. Us enrolaieat beaucoup de rojalistes et de presbytériens^ «Leux partis opposés que la violence des ind^endaists avait réunis. Plusieurs vaisseanx de la floMe Vêtaient dé»
clarés pour le Roi. Le peuple, Iftssé d'une guerre si longue^ souhaitait la paix atcc le Roi j comme un tenue à m% asaux^ «ir se re* gardiÀ le pouvoir de l'aniiée '-qu'iavee 4Cielte jalousie natureiie arux jonglais, et qàii, jiàaqaî'k ce jottT , a été la imèiUeurfe ^^ardienne lée ieurs libertés eft de iiNti^ lois. Aiaû iesfaLdépéndaots, maîtres de l'année , da parlement t% die la personEïîe du Roi, voyaient lencore de gnands obstacles devant ^ux. Malgré les Tidbnœs exercées sur la <hmïÀ»e des cttamunes^ ks Près* bytérieng y conservanenri; un crédit ^e la moindre chance pouvait augmenter » et qui était désormais tout en &yeur dm Roi. Ludlow (i) rapporte que Cromwell^sous prétexte
(i) Memoirf of Lndlow , t. i , p. a38 , etc.
LIVUB TRQISIJ^ME. 167
de concilier les Presbyténens et les IiiJ^|m^ dants» rassembla les eliefs ém doua parlia cbwi UB dîner à WestmkuÉQt. Mais la eao^bwnéti des opinÎADa théotogiques rendit loiil rappf^t chevieiil impotâihki. Dan& udm autre wémoMù ménagée par CiemweB, eua diaei^ta sur tes formes de ganifanacnaeiit. CMimwel et eeux que Ton af^taii; les gpmmdsi de Vami^ eC du parlement (t)^ se tmraat da»s ks nuages., et évitèrent de chakip entré la monprdite^. Fa»
riftocmtie, et la dâmocmtîe, aUégnanA cpnf « cbacim de ces geu^Kmaments pe^rraîi être m bon çn hoÊhiùème^ et ponr FAngleterre , sui- « vant le secours qme donnerait Ial¥avide«iee. 9 Ludlaw et les rëritablealpdëpendanta ^rgumemèrent contre la monaroUe, en s'appn^^ant sur-tottt de dei£( Yeraets tirés du i^^ livre de SamnëL ils opinèrent (fu'il frUatl, après avoir demandé compte au Roi du sang versé dans la guerre, établ» une équitable république fondée sur le consentement du peuple et qui garantirait les droits et les libertés de chacun.
Cromwell affecta de rester irrésolu, non pas
(i)Kept themselves in the clouds, Ludlow^v,i^ p. ^38.
l68 HISTOIRE DE CltOMW'ELL.
faute de co7wiction{\) ^ dit Ludlow, qui sV inag;ine ingénuement que Cromwell ne pouvait résister à révideuce de ses arguments républicains. Après avoir surpris dans cette conférence le l^cret des opinions et des vœux de chacun, en évitant de s'expliquer lui^-même, Cromwell rompit l'assemblée par une boufibnnerie, genre de diversion qu'il employait assez volontiers dans les plus sérieuses a£Faire6. £n se levant pour sortir , il prit un coussin et le jeta brusquement à la tête de Ludlow , . qui lui renvoya la même plaisanterie. Le^lende* main, à la chambre des communes ^ passant à côté de Ludlovsr, il lui dit, par allusion au {M*ojet de république , qu'il était convaincu que la chose était désirable, mais non pas qu'elle fut Êiisable. Cromw^el ménageait d'autant plus l'esprit de démocratie^ que le parti royaliste se ranimait et s^accroissait chaque jour, et que la guerre avec l'Ecosse semblait inévitable. Dans cette intention , il fit de nouvelles avances à Ludlow, qui ne put s'empêcher de
W • '■ ■ .1 ■■ Il > ■ ■
(i) Mfiinoirs of Ludlow, vol. i, p. 2^9.