‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 76 sur 160 · LITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LITRE TROISIÈME

Le parléfment anglais , qu'il avait instruit de 9a conduite en Ecosse , lui votait des lettres de remerciements et d'éloges. Mais les négociatîoàs (i) avec le Roi étaient plus actives que jamais. Quelques députés presbytériens, et sur^tout HoUes , que l'on soupçonnait d'avoir été gagné par la Reine Henriette pendant ton exil en FVance, poursuivaient avec zèle la conclusioti du traité , en Qualité de commissaires du parlement; ils voyaietit le Roi tous les jours ; ils étaient touchés de sa noble fermeté, de $a raison supérieure, qui ne lui dicta jimiaift de fortes résolutions dans les grands périls , mftts qui lui inspirait sur toutes les questions p^^litiqœs, Id langage le plus persisasif et le plu6 sa|^. Cette recommandatio^n d'une grande infiirtisae noblement supportée , agîasait en feveur du Roi , et lui gag<)ait des espiits ias de la guerre , et ef&ayés du pouvoir de l'atmée. Ufte pat^ille disposition, qui devenait phis générale, inquiéta l'intraitable vengeance des Républicains. Malgré leur

(1) Lndlow*s memoirs, v. i, p. 161.

défiance pour Cromwell, ils le préféraient à la monarchie. Ludlow se rendit près de Fairfax, qui assiégeait Colchester, et (i) lui représenta vivement que les intérêts de l'armée étaient . menacés par le danger d'iine réunion prochaine entre le parlement et le Roi : n'ayant trouvé que l'incertitude habituelle de Fairfax, il parla de ses craintes à Ireton , qui fut d'avis de laisser le traité s'achever, avant de faire intervenir l'armée.

Ainsi la guerre et les négociations se continuaient à l'envi. Colchester venait enfin de céder, et le vaillant lord Capel s'était rendu par l'impossibilité de se défendre. Le caractère plus cruel que prenait la guerre, et l'affi*eux dénouement qu'elle préparait, s'annonça par les vengeances du vainqueur. Ireton, laissé près de Fairfax comme l'ombre du génie de Cromwell , sut arracher à la faiblesse de ce général une barbarie indigne de sa générosité. Il fit condamner et fusiller les principaux chefs de la garnison. Lord Goring et

(i) Ludlow's meinoirs^ v.i, p. aG/j.

Page 1