‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 77 sur 160 · LIVRE TROISIÈME. IQI · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. IQI

lord Capel furent réservés au jugement des ' chambres. Le retour de Cromwell acheva de pacifier lés provinces du nord; une seule place y tenait encore pour le Roi. Cromwell en commença le siège , dont il confia bientôt la poursuite au colonel Lambert, qu'il rappela d'Ecosse. Il semble que, instruit de la révolution que l'on préparait à Londres , il voulait , sans y assister lui-même , se trouver libre et prêt pour survenir à temps. En eflfet, la majorité presbytérienne, constante dans son projet de réunion avec le Roi , pressait la signature du traité, et ce prince, depuis la prise de Colchester, se rendait moins difficile sur les concessions demandées; il défendait encore le droit divin des évéques (i); mais il consentait à l'aliénation de leurs biens. Pendant que les commissaires du parlenient rapportaient aux chambres ces dernières paroles, l'armée,. cantonnée à Windsor, déclara que le Roi ne pouvait être appelé au gouvernement, et n'appartenait plus qu'à la justice,

(i) History of the life of colonel Hatchinson, v. 1I9 p. 148.

tg^ HISTOIRE DE CROMWELL.

comme principale cause des malheurs de l'État

Cette déclaration menaçante fut suivie d'un nouvel enlèvement du Roi, que l'on tira de l'ile de Wight pour le conduire dans un château près de Windsor.

Le parlement se plaignit avec hauteur à Fairfax, qui répondit par une demande des soldes arriérées y et une me&aee de s'approcher de Londres. En même temps , l'armée publia une nouvelle déclaration (i). Alors ce parlement 9 qui s'était emporté à de si coupables erreurs, fit psffaître un admirable courage. Plusieurs membres proposèrent de déclarer Farmée traître à la patrie , et de décréter d'accusation les principaux chefs.

L'armée marcha sur Londres. Ireton , qui conduiiint tous ces mouvements, fit dire k Ludlowy par allu^on k leur entretien au siège de Ck^chester, qiAe, sans doute maintenant, lui et ses amis étaient contents de l'armée.

En effet, le parti républicain, dans l'aveugle-

(i) Ludlow*8 memoirs, t. i, p. a65.

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ment de sa haine contre tout ce qui le mena; çait d'un reste de , monarchie , triomphait du secours odieux que lui prétait l'armée. Ce parti , réduit à la minorité dans les communes, avait songé d'abord à se réfugier au camp de Windsor; mais il aima mieux attendre que l'armée vînt épurer la chambre.

Déjà Fairfax et ses officiers avaient pris leurs logements à White-Hall, et au palais de Saint- James. La majorité presbytérienne luttait encore. Après un jour et une nuit de débats , elle ramena tout à une seule question; et cent quarante voix contre cent quatre décidèrent que les concessions du Roi offraient au parlement des bases suffisantes pour procéder au rétablissement de la paix dans le royaume. Une commission fut nommée pour conférer à cet égard avec le général et l'armée. Les Indépendants, fanatiques ou ambitieux , Après avoir combattu ce vote avec fureur, déclarèrent, la plupart, que dès -lors ils^se séparaient de la chambre. On ne peut imaginer avec quelle bonne foi Ludlow allègue y dans ses mémoires, un verset de l'Écriture qui lui

paraît rimé^ocable eonàaannaJàon du Roi; tant il esft Trai que, depuis k reKgion jusqu a Fa* théisme , il n'existe rien dont le» liassions des kommes ne sachent Êiire Finstrument d*ua crime.

1648. Ce même Ludlow, républicain sincère, puisqu'il le fut sous Cromwell autant que aous Chartes V^j invoqua plus que personne Fodieuse intervention de Farmée. Il prit part à une réunion (i) de quelques officiers et de quelques députés indépendants , où l'on arrêta de faire marcher Famée, et de mettre des gardes à la porte de la chambre, pour exclure les membres opposants. FsdrCaix fut à peine prévenu) de cette résolution; &eton lui annonça (a), comme nécessaire, l'exécution d^ commencée^ Le 6- décembre, les troupes furent mises sous les amies dés le matin ; et le colonel Pride, av^ec son régiment, occupa-toutes les avenues de la chambre. Il laissait entrtflT certains membres, repoussait les autres, et en

(1) Ludlow's memoirs , y . 1, p. 169.

(2) Idem^ p. a70.

LIVRI TROISliMB. igS

faisait alrrêtcfr quelques-uns. Lord' Grey de Groby assistait le colonel , et Itii désignait, de peur de méprise, ceuk de ses collègues qu'il (allait écarter. Ludlow remarque, dans ses mémoires, que l'opération était facile et sûre, la chariibre se trouvant si constamment divisée , que Ton pouvait compter les voix avant la discussion. Ce dissentitûierit fixé éi^ régulier, eflfet presque inévitaïAé du gouvernement représentatif, n'est pas long -temps* souffert dans l'intolérance des révolutions ; et^ l'on proscrit les contradicteurs, en demandant la liberté.

Comme le's raisons ne manquent jamais' aux violences une fois faîtes, l'armée présenta le* mêïde jour à là cUambré épurée, une déclaration qui justifiait cette mesure.

Trente -neuf membres arrêtés furèrit conduits dlnS diverses prisons. Le lendemain, Cromv^ell vint coucher au quartier de \tKtté- Hall ( I ) , affectant de n'avoir rien su , maii^ résolu de maintenir ce qui était fait. Il prit

(i) Ludlow's memoin, v. i, p. 271.

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séance à la chambre, et fiit solennellement remercié de ses grands services. L'époque précise de ce retour, la nullité de Fair&x, et Tinfluence d'Ireton , gendre et confident de Cromwell , semblent indiquer de quelle main était parti le coup qui venait d'être frappé. Quelquefois, il est vrai, on suppose sans motif que les hommes d'État ont créé les événements dont ils n'ont fait que profiter ; mais une circonstance , négligée par tous les historiens , ne permet aucun doute sur la participation de Cromwell. Avant même que les Presbytériens eussent fait passer la résolution en faveur du Roi, Cromv^ell avait donné l'ordre soudain de marcher sur Londres , pour briser la chambre (i). Ce fut le colonel Hutchinson, qui , joignant ses prières à celles de quelques autres ofiiciers, lui fit abandonner ce projet , exécuté quelques jours plus tard. Hutchinson , dans la candeur de son zèle républicain , détestait à-la-fois la modération des Presbyté-

(i) Memoirs of the life of colonel Hutchinson , mitten by his widow, v. a, p. ixa.

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