LIVRE TROISIÈME. 2O
guerres civfles de la Fronde. Le Roi , enfant , était sorti de sa capitale révoltée ; et le parlement avait proscrit Mazarin. Ces nouvelles arrivaient à Londres au moment même où se préparait le régicide; etWhitelocke (ï), en racontant les commencements du procès de Charles, a soin d'y mêler plusieurs fois ce tragique contraste des troubles qui éclataient alors en France. Mais, dans cette guerre civUe de la Fronde , œuvre d'imprudence et de vanité, il n'y avait rien de Ist conviction ardettte 9 inexorable , qui* conduisait le Roi d* Angletema à réchafaud. Le peuple de Paris notait alors mid en mouvement que par des passions de Cour. Ces tfroublfes intérieurs détournaient cependant la* France d'uhe intervention que joihais la politique de Mazarin n'eût rendue fortptessmte. L'ambassadeur de France fit au pi^ement quelques vaines représentations. A la même époque, la^ Reine d'Angleterre , réduite (a) , dans Paris , à* la plus rigoti^
(1) AVhitelocke's meniloi^ds , p. 365, 367.
(a) Mémoires du cardinal de Retz , v.'i , p. 296.
ao8 HISTOIRE DE CEOMWELI..
reose pauvreté, recevait un modique secours des mains du cardinal de Retz , qui conduisait la rébellion 9 et que Ton accusait de vouloir apprendre au parlement de Paris laudadeuse politique du parlement d'Angleterre.
Les puissances du Nord (i) paraissaient plus indifférentes encore à la destinée de Charles ; et là libre philosophie de Christine, souveraine absolue , ne se scandalisait pas du triomphe de la révolution anglaise. Une république nouvelle, la Hollande, intervint en faveur de Charles avec un a^le inutile. Clarendon , en accusant la froideiu* des souverains , s'indigne de Tempressement de leurs ambassadeurs , à recueillir les dépouilles des palais de ce malheureux Roi , mises à l'encan après sa mort; et il reproche (a) au luxe fastueux des Rois de l'Europe , d'avoir ainsi fourni des se^ cours au parlement et au pouvoir de CromwelL Cette tragédie de la mort de Charles I*' , fut conduite par des ressorts secrets , et jouée
(i) Clarendon'f hÎBtory, p. 571.
(a) Idem,