LIVRE QUATRiiME
Ces attaques contre un Roi qui n'était plus, ces poursuites au-delà du jugement, ces insultes au-delà de Téchafaud , avaient quelque chose d'abject et de féroce , que l'éblouisse- .ment du &ux zèle cachait à l'ame enthousiaste de Milton. Sans doute Milton ne surpassa point la violence et le scandale de cet écrit, dans la réponse qu'il opposa, peu de temps après, aux invectives publiées par Saumaise contre le parlement. Mais la grande réputation de Saumaise, aujourd'hui si dédaigné , et le spectacle de cette controverse sans exemple , rendirent l'Europe plus attentive, et portèrent par-tout, avec le nom de Milton, les audacieuses maximes dont il se faisait l'interprète. Ici du moins MUton trouvait un avantage c(ans la logique maladroite de son antagoniste , qui n'avait su faire autre chose que de soutenir d'une manière générale l'impimité de la tyrannie , depuis Néron ju^u'à Charles; tandis qu'il aurait pu facilement démontrer que Charles n'était pas un tyran , et ne pouvait pas l'être. A travers beaucoup de bouffonneries barbares et de citations pédan-
^34 HISTOIftE DE CROMWELL.
tesqnes, Milton combat avec force l'admirable cause si mal défendue pat Saumaise.
Plein des images sanglantes de la mose hébraîqne, ses foreurs républicaines et sa faaine des Rois s'aflument au même foyer qui embrasa son génie. H inVoque moins souTent (i) le poignard de Bknitus , que le couteau sacré de Sanraél on de Joad. Mihon se glorifiait de consumer dam ce travail les restes de sa ytie afiaS>lie. Ainsi se préparant FHomere des croyances chrétiennes ^ ainsi , nourrie âsms les faction» , exercée pw tous les Êmatismes de la religion , de la liberté, de la poésie , cette une orageuse et sublime , en perdant le spectacle du monde, devait un jour retrouver dans ses souvenirs le modèle des passions de Tenfer, et produire du fond de sa réterie, que la réalité n'interrompait plus , deuit créations également idéales, également inattendues dans te siède faroudie, la félicité du ciel et llnfio cence de la terre. Mais avant que Milton ait cou* vert des rayons d'une gloire si pure la triste
(i) Miltoti*8 political iirorks, p. S65.