‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 109 sur 131 · LIVRE ONZIEME. SSq · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIEME. SSq

années. Ce fut dans ce voyage qu'il conversa y sous un nom emprunté , avec le prince de Conti , qui , admirant le courage et le génie de Cromwell , parla de son fils Richard comme du plus lâche et du plus misérable des hommes.

Sans se soucier de cet anathéme, que doivent confirmer tous les hommes ambitieux et avides , Richard , de retour dans son pays , vit passer devant ses yeux des révolutions nouvelles, et vécut paisible et oublié jusqu'à l'âge de quatre-vingt-dix ans, s'amusant du souvenir de son ancienne fortune , et par-fois , au milieu d'un petit cercle de vieux amis, se faisant apporter ce qui lui restait du protectorat , deux énormes caisses de félicitations et d'adresses , dont il lisait , en riant , quelque chosiB'à son auditoire.

Cependant Ludlow(i), désigné pour remplacer Heiïri Cromwell , quitta l'Angleterre , après avoir exhorté les che& de Tarmée et ceux du parlement à se rapprocher et à prévenir des divisions, qui' devaient perdre la cause com-

(i) Lndlow's meinoirfl, v. îi, p. 680.

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mime; mais cette réunion élait impossible.

Le paiement, préoccupé de ses droits, d^matmt avec une hauteur et une sécurité de puissance qui révoltaient Fambition des ^néraux. Sms leur savoir gré de son rétabliMe^ ment , il les haïssait comme ses oppresseurs. Les généraux, malgré leurs fantaisies r^ublicaines, pleins des souvenirs de la tyrannie de Cromwell , et accoutumés à la brusque expédition des ordres militaires , ne pouvaient cacher leur dédain pour la faiUesse de ces légistes, dont ils avaient tant de fois violé les privilèges. Gelte huine et ce mépris mutuel étaient le vice irréniédiable du nouveau gou^ vemement. Le dénouement que de pareiUes dispositions préparaient, fuC retardé par. une diversion du parti royaliste. La mort de Ckx>m<* virell et la chute rapide de Rtcbard avaient ranimé toutes les éspémncesdes amis du trône. Le retour du peurlêiQ&nt, et la crainte, de ses anciennes rigueurs ^ ibterrompujes p«ar l'usurpation de CrOm^ell^ pcH^tait au comble la fureiu* de tous les hommes qui redoutaient maintenant la persécution au lieu de la ser-

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vitude. Le parti presbytérien, si funeste au trône, mais opposé à la mort du Roi, le parti presbytérien , dont la faute était d'avoir voulu établir, par la guerre civile, une monarchie ^^^9' limitée , mécontent de la république et de la dictature militaire , tournait toutes ses espé* rances vers Charles II , et se réunissait aux anciens défenseurs de la monarchie.

Les hommes les plus recommandables de ce parti, autrefois exclus de cette chambre des communes, qui renaissait aujourd'hui pour les opprimer, se hâtèrent d'y réclamer leur place, au nom de la république et de la liberté. Ils vinrent même en corps, avec Fintention de prendre séance ; mais ils trouvèrent pour gar^ dien du parlement ce même colonel Pride, qui les avait autrefois chassés par ordre de Cromivell, et qui les fit de nouveau repousser par ses soldats (i).

Ces violences unissaient chaque jour da* vantage les Presbytériens et les Royalistes,

(i) Memoîn of tbe life of colonel Bntchinioa, t. u» p. aaS.

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et ne leur laissaient plus qu'un seul intérêt et une même vengeance. Les amis de Charles II ménagèrent habilement ces dispositions. Sir t659. John Mordant , dont le zèle s'était animé par • les périls qu'il avait impunément bravés sous Cromwell ; lord Bellasise , le colonel John Russel, lord Loughbourow, conduisaient le mouvement. Us s'étaient assurés dans divers comtés de plusieurs chefs presbytériens ; ils avaient rassemblé de l'argent et des armes; ils avaient gagné plusieurs officiers de l'armée: et, suivant les Mémoires de Jacques II (i), ils trouvaient des appuis parmi ceux mêmes qui avaient pressé Cromwell d'accepter le titre de Roi , tels que le major Brown et l'amiral Montague. Cette conjuration, qui enveloppait une partie de l'Angleterre , fut poussée si loin que. Charles II et le»duc d'Yorck devaient y prendre part, et avaient tout disposé, pour assurer leur descente en Angleterre et leur réunicMi aux chefs royalistes. Le i*^ août (2) était fixé

(i) Vie. de Jacques II, ▼. i, d*après les Mémoires écrits de sa propre maM , Sr; i , p. laS.

(a) Idem, t

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