‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 11 sur 131 · LIVRE SEPTIÀMS · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÀMS

pouvoir SUT la résignation , que le dernier parlement avait faite entre ses mains; et c*était sa seule volonté qui avait créé ce parlement, duquel il prétendait emprunter son droit.

Jamais inconséquence ne fut plus manifeste et plus puérile. Cependant il y avait dans ce nom de parlement une illusion si forte , et le peuple était alors tellement dominé par les mots , que Cromwell avait sans doute raison de risquer cette absurdité.

Après avoir prêté serment, Cromwell s'assit : le général Lambert s'étant agenouillé, lui présenta une épée dans le fourreau. Le Protecteur la reçut comme un symbole du pouvoir civil, sans songer que la main qui lui présentait cette épée pacifique annonçait la source de son pouvoir, et trahissait encore l'usurpation nulitaire. Les lords-commissaires lui remirent les sceaux ; le lord-maire lui présenta son épée, qu'il remit aussitôt, en exhortant ce magistrat à en faire un bon usage.

La cérémonie terminée , le cortège reprit sa route, au milieu des acclamations du peuple et des soldats. Le lord-maire à cheval , la tête

3o HISTOIRE DE CROMWELL.

nue, portant Fépée, précédait la voiture de son altesse. Arrivés à White-Hall, ils entendirent une exhortation religieuse, prononcée par le chapelain du Protecteur.

Cromwell se fit souvent un titre dç cet assentiment des autorités municipales. Cependant ces magistrats n'étaient ni par leur ori^ girie, ni par leur pouvoir, les interprètes de la volonté du peuple. Sous la monarchie, la nomination des sheriffs dépenilait entièrement de l'influence royale, et se faisait chaque année par k concours des juges et des grands o£Sciers de la couronne , excepté dans le Midlessex et le Westmoreland , où l'élection populaire s'est conservée , non comme un droit démocratique, mais comme une ancienne concession féodale.

Le long parlement, attentif à ^'approprier toutes les prérogatives dont il dépouillait le trône, s'était bien gardé de rendre au peuple l'élection de ses magistrats , et il avait même jfréquemment usé du droit de révocation qui appartenait à la couronne. Une proclamation du conseiM'état enjoignit aux sheriffs, baillis , officiers pubhcs , de faire par*tout reconnaître

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