LIVRE ONZIÈME
et sur-tout les membres du parlement exclus en 1648, voulaient, par le rappel volontaire du Roi , se venger de la longue oppression qu'ils avaient subie , et se racheter des premiers torts qui avaient marqué le commencement de la révolution.
L'ancienne pairie, toujours subsistante par la conservation de ses grands domaines, entraînait dans la cause de Charles presque tous les propriétaires des comtés. Ainsi , comme le remarque lord Erskine, la royauté semblait plutôt suspendue qu'abolie.
Le long parlement , qui , de toutes parts , se sentait pressé par le nom du Roi , voulut opposer à ce danger les renonciations et les serments prodigués au commencement de la république. Mais les Républicains raisonnables commençaient à se lasser de cet impuissant anathéme. loC colonel Hutchinson, rappelant à ce sujet tant de promesses violées, tant de
(1) Ludlow's memoira, y. 11, p. 858.
(1) Memoirs of the life of colonel Hutchinson, v. xi, P- a47.
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lois foulées aux pieds , déclara qu'il était ridicule de jurer qu'on n obéirait pas à un homme, quand on n^était pas sûr de pouvoir lui ré- 1659. sister ; et il ajouta, que tant de seiments arrachés n'avaient servi qu'à multiplier les péchés de la nation par autant de parjures. Ce langage si nouveau de Hutchinson s'exphque par l'influence que prenait sur son esprit un ancien conseiller de Crom well , Ashley Cooper , si célèbre par le nombre et l'habileté de ses trahisons diverses. Cet homme était alors lié de vues et d'intérêt avec le général Monk (i); mais , attentif à ménager les défiances des Républicains, il flattait, il amusait de ses promesses et de son amitié ceux dont il prononça la sentence quelques mois après.
Cependant , s'il faut croire lord Clarendon , témoin attentif et intéressé ^ aucune promesse certaine n'arrivait jusqu'au jeune Roi, dans sa retraite de Bruxelles. D'abord rempli de confiance à la nouvelle des divisions du parlement
(i) Memoi» of tbe life of colonel Hulchiasoii, v. u, :pi a48.