LIVRE ONZIÈME
et de Tannée, le retour du parlement lui avait montré la force insurmontable de la révolu-* tion. La marche de Monk sur Londres lui avait ouvert de nouvelles espérances ; mais la conduite ambiguë de ce général le replongea bientôt dans une incertitude voisine du dés^ espoir.
La dissimulation de Monk mit en effet à de pénibles épreuves la confiance des Boyalistes. Il paraissait livré à la politique du parlement Les magistrats de Londres , ramenés au Roi par haine de cette assemblée tyrannique, qu'ils supportaient depuis si long-temps , ayant pris un arrêté pour interdire le paiement des taxes, Monk j sur Tordre de la chambre, fit une exécution militaire dans la cité, brisa les portes, enleva les chaînes des rues. Deux joursi après , il se réunit solemiellement aux maf^îstrats de la cité; et il écrivit à la chambre u&e lettre injurieuse, pour lui reprocher les violences dont il s'était rendu Texécuteur,et se plaindre qu'elle eût voulu par-là déshonorer son armée. Faut-il , dans ces deux actes si rapprodiés et si contraires , voir la dissimulation on Tinc^*
388 HISTOIRE JDE CROMWELL.
titude de Monk ? faut - il supposer que cette invasion de la cité fut une dernière épreuve que fit le général sur les dispositions du peuple? Il est certain du moins ^ qu'aussitôt qu'il eut marqué le vœu de se réunir aux.
magistrats de la cité , on vit éclater dans Londres l'expression de la haine publique contre le parlement. Cette assemblée fut en butte à tous les sarcasmes populaires; le mot ignoble de croupion devint le surnom dérisoire d'une puissance aytrefois si redoutable ; et les feux de joie, allumés dans toutes les rues, servaient à brûler des croupions d'animaux , par allusion au parlement.
Monk , fidèle k sa politique , n'abusa point de ce premier emportement populaire; il comprit qu-il fallait détruire de son propre consentement ce parlement si vivace, dont l'existence illégale et fyrànnique était cependant couverte par les violences qu'il avait subies jusqu'à ce jour, comme par autant de cicatrices reçues pour la liberté. U se garda donc bien d'essayer une quatrième expulàon ; mais , paraissant encore reconnaître et pro-.