‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 123 sur 131 · LIVRE OirZiJSME. SqS · texte numérisé non relu

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secret , partit pour Bruxelles. Le Roi n'admit dans la confidence que le marquis d'Ormonde et Clarendon. Les lettres mêmes de ces deux seigneurs nous montrent combien la promesse '^^^* de Monk fut tardive (i), et paraissait encore incertaine. Cependant le Roi se hâta de quitter les terres des Espagnols, qui, après avoir si faiblement secouru son malheur , auraient pu mettre des obstacles et des conditions à son retour; et il transporta sa cour à Bréda, pour être plus libre et plus rapproché de l'Angleterre. Clarendon avait alors sur les conseils du Roi la plus heureuse influence. Soupçonné lui -même d'être presbytérien , il sut (a) , par ses émissaires et par ses lettres , ménager habilement les chefs de ce parti , et préparer les esprits, sans, trop les avertir.

Toutefois , à défaut même de démarches imprudentes, un certain augure de l'avenir

(i) AcoUection of state^s letjters, ▼. n, p. 229, 3o4,etc.

(a) He sent over doctorMorley who talked miich with the presbyterians of modération in gênerai , but would enter into no particnlars. Burnefs bistory of bis own time, p. i38.

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commençait à se répandre. Les membres de h haute-cour, particulièrement menacés, eureiÉ soin d*étendre leur péril à tous les hommes engagés dans la guerre contre le Roi, qu'ils avaient condamné. L'agitation fut excitée dans l'ancienne armée de Cromwell , déjà mécontente de se voir éloignée de Londres, et remplacée par les régiments que Monk avait amenés d'Écossè.

A ce moment de crise et d'incertitude^LAmbert, échappé de la Tour, réunit quelques escadrons, dont l'exemple pouvait entraîner le reste des troupes. Mais déjà le succès de la cause royale semblait assez probable, pour qu'elle trouvât des défenseurs parmi ceux qui avaient besoin de pardon. Ce fut le colonel Ingolsby, parent de Cromwell, et l'un des juges du Roi, qui poursuivit Lambert, et le ramena prisonnier, après avoir dispersé ou gagné ses soldats. Il n'y avait plus de fanatisme dans la foule , et les chefs prenaient des intérêts contraires. C'est la fin des révolutions.

Lambert, qui aurait pu jouer le rôle de Monk, et qui tenta vainement celui de Cromwell,

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passa quelque temps après des prisons du parlement devant un tribunal établi par leRoL II obtint la vie, et fut relégué dans l'Ue de Guersney, où il mourut , après trente ans d oubli , méprisable et odieux à tous les partis, homme sans aucun principe dans un siècle de fanatisme : ce qui Tavilit , en ne lui laissant le mérite ni de la constance , ni du repentir , ni d'une mort courageuse ; esprit plein de ressources et d'audace, mais inférieur à sa propre ambition ; trompé sur lui-même par l'exemple de Cromwell , et fait poiu: marquer la différence de l'intrigue au génie.

La défaite si prompte de Lambert fut le dernier coup porté aux Républicains, réduits à n'avoir plus pour défenseur qu un ambitieux qu'ils méprisaient Tous les chefs de l'indépendance disparaissaient successivement de la scène. Dans les demières luttes du parlement et de l'armée, les deux partis s'étaient mutuellement mis hors la loi. Monk héritait de toutes ces proscriptions. Fieetwood et Desbo* rough étaient exilés de Londres, comme rebelles à cet ancien parlement que Monk avait

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détruit ; et ils retombaient dans une obscurité qui se prolongea sous Charles II. Yanes et Ludlow étaient accusés et fugitifs ; Scott , Hutchinson,Nevil, s'étaient éloignés; Rich et Haslerig y et les autres colonels républicains , étaient destitués. Se servant de tous ceux qui étaient prêts à obéir, Monk avait donné le régiment d'Haslerig à lord Falconbridge ; et ce gendre de Cromwell se conduisait de telle manière que Charles II , rétabli sur le trône , le nomma lord lieutenant du comté d^orck, et renvoya successivement ambassadeur à Venise et en Toscane.

Il parait que Thurloe,rancien confident de Cromwell, s'ofifrit à servir la cause de Charles. Monk employa du moins ses recommandations et son crédit pour le faire nommer au prochain parlement (i), soit qu'il comptât sur lui, soit qu'il voulut opposer ce choix aux craintes des Républicains, ou ménager pour lui-même un homme habile et dangereux. Les élections furent entraînées par un mouvement général ■ ■ I ■ ■■ > I » 1 1 ■ ■ ■

(i)"Thurloe'8 itate papeis, v. vu, p. 858.

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