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Tait que deux yeux , et que c'était vouloir les lui arracher tous les deux à^la-fois. Ainsi , la guerre se trouva déclarée , et la cour d'Espagne fit saisir toutes les marchandises des Anglais qui négociaient alors sur son territoire.
Cependant l'expédition de Penn, conduite avec tant de secret, n'en réussit pas mieux , soit mésintelligence des chefe, soit découragement des soldats. Les troupes de terre étant descendues à Hispaniola , et ayant marché vers la ville à travers des bois , furent mises en fuite par une embuscade de quelques chasseurs , et se rembarquèrent avec précipitation. La flotte anglaise, après cette mésaventure, se rabattit sur la Jamaïque , dont elle s'empara sans peine. Quoique le Protecteur se hâtât de profiter de cette cx>nquéte (i), et d'y envoyer de nouvelles forces, pour en faire le point d'appui de ses attaques dans l'Inde , elle ne lui parut pas un dédommagement du mauvais succès de l'entreprise principale. Les deux chefs de l'expédition , revenus pour s'accuser
(x) Tlmrloe's ttate papers, v. it , p. 653.
J^S HISTOIRE DE GROMWELL.
mutuellement , furent constitués prisonniers , et restèrent dans la disgrâce de Cromwell , qui ne pardonnait pas plus les revers que les fautes.
A la même époque , la marine anglaise était plus heureuse sous les auspices de Blake.
Ce grand capitaine était digne de réaliser les superbes paroles du Protecteur , qui se van* tait de garder les mers avec ses flottes.
Après avoir parcouru la Méditerranée pour la nettoyer des pirates d'Afrique, Blake vint devant Alger, et fit sommer le dey de lui rendre tous les vaisseaux et tous les captifs anglais. Le dey s'empressa d'envoyer des provisions et des présents. Il déclara , qu'il ne pouvait rendre les vaisseaux et les captifs qui n'étaient pas en sa possession et appartenaient à des particuliers; mais qu'il serait facile de les racheter pour une rançon modérée ; et il offrit d'ailleurs de s'engager pour l'avenir, par un traité de paix , à ne commettre aucune violence contre les sujets de l'Angleterre. • Blake , après avoir conclu ce traité , fit voile vers Tunis , où les mêmes demandes de
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sa part furent repoussées avec insulte. Ces barbares se croyaient couverts par leurs for^teresses de la Goulette et de Porto «Ferino.
L^amiral anglais fit entrw dans ce port de longs bateaux plats qui incendièrent leur flotte, tandis que l'artillerie de ses grands vaisseaux écrasait leurs forteresses. Neuf vaisseaux turcs furent consumés , et les Anglais , par l'habileté de leur attaque , ne perdirent qu'une trentaine d'bonnnes.
Après cette expédition, Blake continua de parcourir la Méditerranée , exerçant indistinc* tement sur les Turcs et sur les Chrétiens la juridiction de la force. Pendant la durée de la guerre civile , le prince Robert , qui s'était inis à la tête d'une escadre royaliste , avait vendu dans les ports de la Toscane plusieurs prises- enlevées sur le parti républicain , et avait éprouvé de la part du grand* duc la tolérance et la faveur que tous les princes devaient naturellement , à la cause de Charles. Dans le haut point où était maintenant la république d'Angleterre, Blake se ressouvint de ce grief ; et s'étant avancé vers livourne,
l3o HISTOIRE DE CBOMWELL.
il somma le grand-duc de payer une indem* uité de 609O00 livres sterling , en réparation du gain illicite qu'avaient recueilli ses ' sujets. Le grand -duc prétexta qu'une partie de ces ventes avait été £adte à des sujets du Pape, qui devait partager le poids de la restitution. Le fier Anglais répondit que le Pape n'était là pour rien , et qu'il fallait payer la somme entière et sans délai. Le grand-duc obéit : et Blake , après avoir exercé cette haute justice, détacha de sa flotte seize vaisseaux chargés de trésors , qui remontèrent la Tamise , et vinrent donner aux bourgeois de Londres le spectacle de leur puissance.
A cette époque , la Russie (i), qui n'existait pas encore pour l'Europe, et qui cachait sa force dans l'immensité de ses déserts, ayant fait une entreprise sur la Pologne , ce fut auprès de Cromwell que le roi Ladislas fit réclamer du secours, le pressant d'arrêter l'accroissement de cette puissance nouvelle, et d'envoyer une flotte pour détruire le port d'Archangel. Cette demande , étrangère à la poli-
(i) Thnrloe^s state papers, v. iy, p. 170.