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lique du Protecteur, ne fut pas accueillie ; mais elle atteste Féclat de son gouvernement et la renommée de sa puissance.
Dans le même temps Gènes le remerciait, i655. par une ambassade solennelle, de la sûreté que ses flottes donnaient au commerce des mers. Le Yaiwode de Transylvanie lui demandait du secours contre les Turcs, et Fétat de Zurich réclamait son alliance; comme celle du protecteur naturel de tous les états Protestants. Ce titre , affecté par Gromwell , était un moyen de politique extérieure, et l'un des effets de sa puissance le plus populaire et le plus agréable aux Anglais. S'assurant ainsi Talliance d'une moitié de l'Europe et un parti dans l'autre, il se trouvait à -la -fois, le chef <l'une ligue redoutable, et l'appui de tous les mécontents qu'excitait la persécution ou la crainte. Les sectes religieuses de l'Angleterre dans leurs animosités mutuelles , et dans leurs plaintes contre l'homme qui les avait toutes également trompées , étaient zélées pour la cause commune du Protestantisme , et triomphaient de tout ce qui Élisait honte à la cour, de Rome. 9.
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Une occasion désastreuse vint donner k cette politique de Cromwell tout Tfaonneur d'un zèle favorable à rhumanité. Les habitants ^^^^' du pays de Vaud, descendants de ces Vaudois qui , dan$ des temps de barbarie , avaient été l'objet d'une persécution si cruelle, furent dépouillés par le duc de Savoie des privilèges dont jouissait leur culte. On exerça sur eux toutes les cruautés que peuvent accuoiuler le fanatisme et la licence militaire. Leurs habitations furent embrasées; le massacre s'étendit aux enfants et aux femmes; un petit nombre de ces inalheureux, échappé k la fureur des soldats , se réfugia dans les montagnes qui bordent les états de leur bajribare souverain. LiC duc de Savoie était allié de la France; et c'étaient des troupes françaises qui avaient servi d'instrument à ces fureurs. Cromwell, aussitôt qu'il en fut instruit, pt^sa h cardinal Ma^^arin de réclamer, auprès du duc de Savoie, la réparation d'une si odieuse barbarie. Mazarin hésitait ; Cromwell , qui , depuis long-temps , avait retardé l'issue des iiégociations avec la France , $'anaa de ce nouveau motif pour dé*
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clarer y qu'il en faisait la condition du traité de paix ; et tout plia sous la hauteur de Soiï raractére' et de sa politique. Cette paix n'était qw le renouvellement de l'ancienne alliance enfe les deux monarchies. La supériorité de Cronwell s'étendit aux plus minutieux détails de h rëdactîoà du traité. Les commissaires anghîs exigèrent, que le Roi de France né foAt lans le traité d'autre titre que celui de Roi des Français, et soutinrent avec hauteur cette prétention MyoIc, rivement contestée.
Une aptre condescendance plus honteuse, et secrète 9 regardait la famille des Stuart$ , que le Roi de France s'eilgageait à faire sortir dé «ses Ét^s. Gromwell , Satisfait d'avoif obtenu ce sacrifice 9 consentit (i) à ne pas exiger Téloi* gnement du duc d'Ywck , qui , ^ul des Stuai'ts , était encore à la cour de France.
S'étant ainsi déterminé pour l'âlliâncé deé Français , en restant maître du moment et des conditions , Cromwell fit paraître un manifeste
(i) Vie de Jacques n, d'après les mémoires écrits de sa propre main, v. 1, p. 78.
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contre l'Espagne , qui n'avait reçu jusques^là d'autre déclaration de guerre que rinvasioii de la Jamaïque. Dans cet acte, rédigé par Milton, avec la violence de la haine et du hr^tisme , le Protecteur charge les Espagnols 4cs perfidies les plus atroces, et appelle sur V.ur tête la vengeance des dévastations de F Amérique. Mais on doit particulièrement remarquer la dérision amère qu'il jette siur la concession pontificale, au nom de laquelle h:s Espagnols s'arrogeaient le Nouveau-Monde. En rapprochant ce trait de la demande r«i>'»lir l'inquisition que Cromwell avait faite à ! . . • :bassadeur , don Alopzo de Cardenas , or< conçoit sans peine que la guerre contre l'Espagnt* avait un caractère de patriotisme protestant^ qui devait l'emporter alors sur toutes les idées d'équilibre et de contrepoids politique , d après lesquelles on a blâmé Cromwell de Tavoir engagée. Aussi nous verrons un parlement convoqué pendant cette guerre, T.ipprouver à l'unanimité , avant même les glorieux succès qu'elle valut à l'Angleterre ; et lorsqu'elle n'avait encore amené que l'interruption d'un
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eommerce plus avantageux que des victoires.
Cette Êiute prétendue de Cromwell fut donc la
plus populaire de ses entreprises ; ce qui suffît
pour en £ûre une entreprise très-politique.
l)ans cette guerre toute maritime, les ri*- ^^
ehesses même des Espagnols leur tournaient
à désavantage» Ils avaient de trop grandes pertes à faire; et les galions, chargés d'or, que leur envoyait le Mexique, à travers cette vaste étendue de mers , allaient rencontrer les escadres anglaises animées par une proie si riche. Le premier ordre que donna Cromwell à Blake et à Montagne fut d'épier le retour annuel de ces trésors. Les deux amiraux , à la tête d'une flotte nombreuse, vinrent croiser devant Cadix ; et de la hauteur des côtes d'Espagne, ils fermaient la route d'Amérique. En même temps, par l'ordre du Protecteur, ils envoyèrent quelques vaisseaux pour bloquer Dunkerque, sans qu'aucune flotte espagnole sortit pour les combattre. Vers le milieu de l'automne , les deux amiraux furent obligés de
(i) Thvrloe's stale papen, ▼• it, p. 744.
)36 HISTOIMB DE CBOMWELL.
se rapprocher du Portugal, pour renouveicT les provisions de leur flotte, qui tenait la mer depuis plusieurs ttiois : ils laissèrent devant Cadix le cajûtaine Stayner avec sept frégates. Ce fut lui qui reçut cette grande occasion at- Haadue si long^teôB^ Une première flotte es* pagnole , partie du port de Lima y avait heureusement traversé les périls d'une course si longue et d'une saison avancée; elle était composée de quatre galions chapes d'or , de trois vaisseaux de guerre, et traînait à sa suite une prise portugaise. Le Viee^^Roi de Lima revenait sur un des vaisseaux avec ses trésors , et sa nombreuse faumlle. Arrivée près de Saint- Lucar, toute cette flotte salua, d'une dédiarge d'artillerie, les cotes prochaines de l'Espagne. Alors parut l'escadre anglaise ; si jamais occasion doit ÎD^xireBr aux hommes ua excès de CGiirage , c'est saus doute lorsque, rapportant d'immenses richesses amassées avec tant d'ef^ £orts , ils sont arrêtés par un dernier péril , ea vue de la patrie.
Stayner n'attaqua d'ahord qu'avec trois frégates, et s'altacbant au vaisseau vice «amiral,
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il le rédiûsit , ajurès un combat de six heures ; vainqueur, il put à peine arracher quelques richesses du mitieu des flammes du navire em* brasé par la main des Espagnols. Le Vice-Rot du Mexique expira dans, les flammes avec son
épouse; il s'était efforcé d'éloigner ses en&nts de Fineendie qu'il avait lui-même ordonné ; malgré les soins de ce malheureux père , un de ses fils, et sa fille promise au jeune duc de Médina Cœli , périrent dans l'affreux désordre du combat Les cinq autres enlainte , sauvés sur ime chaloupe, furent recueillis par la pitié des vainqueurs»
Le vaisseau amiral , qui^portait de grandes richesses , fit naufirage en fuyant; deux autres furent pris par les Anglais, et le reste s'échappa vers Gibraltar. Malgré tout ce que l'incendie avait enlevé aux vainqueurs, plus de deux millions en Ungots furent pcnrtés à Londres conane un monument de triomphe.
Cette grande victoire , qui ne semUait qu'un prélude de la guerre , augmenta l'ascendant de CromvreU , en haut ji sa fortune ' Forgu^l des Anglai». Le poète Waller, autrefois, baam
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pour une conspiration , en faveur de la cause royale, rappelé maintenant par l'amnistie de Cromwdl et reçu dans sa cour , célébra ce mémorable succès dans un chant patriotique , qui semble appartenir à l'histoire , parce qu'il exprime un enthousiasme que partageait alors l'Angleterre, et dont profitait la tyrannie du Protecteur, ce Depuis plusieurs mois , dit le poète, « notre armée navale , campée sur la mer , assîéa geait l'Espagne; ceux qui avaient ambitionné « la monarchie du monde étaient enfermés dans « leurs ports par nos flottes hardies; et de là « voyaient notre pavillon rouge flotter sans ce rival au-dessus des mers. Les autres nations ce peuvent user de l'Océan comme d'une route « de passage ; l'Anglais seul y fait sa demeure. « Nos voiles toujours prêtes égalent la vitesse « du vent le plus rapide , et sont d'intelligence « avec le ciel inconstant. Les chênes de nos ce forêts ont pris racine dans les mers ; et nous ce marchons de pied ferme sur la vague houce leuse. p Ce sentiment de grandeur nationale se soutient dans toute la pièce. A la faveur de tant de gloire , Waller ne prononce pas une
seule fois le nom de liberté; et dans son dernier vers, il exprime le vœu que l'état puisse s*affennir en donnant une couronne au Pro^ tecteur.
C'était le terme où se rapportaient les grandes actions de Cromwell ; et par une singularité remarquable , cet homme heureux et entreprenant, après avoir vaincu tant d'obstacles , après avoir accompli de si grands desseins, amené à ce dernier point de son ambition , n'osa jamais le franchir , et crut voir plus de difficultés à s'emparer d'un titre qu'à conquérir et à garder la puissance. Tant l'esprit de liberté avait laissé dans les âmes d'invincibles préventions , qui , muettes et opprimées sous le poids de la force , s'effarouchaient et se rebellaient à la vue d'un souvenir. Les efforts inutiles de. Cromwell pour surmonter cette résistance , à l'époque même où sa grandeur personnelle avait le plus d'éclat , sont une dernière circonstance de son caractère > et de sa fortime , qui nous reste à retracer.
ARGUMENT DU LIVRE lŒUVIÈME.
Ciromwell est oblige de convoquer une nouvelle assem* blée. Coup-d'œil sur la êituâticm des trois royamnes. Conduite de Cromwell à Tégard de Ludiow. Électionft* Cromwell fait exclure un grand nombre de membres nommes. Suppression des majors- généraux. Cromwell aonge à prendre le titre de Roi. Opinions des dilttreiits. partis. Premières tentatives faites à ce sujet dan» le parlement. Projet de rétablir deux chambres. Conférences de Cromwell avec les commissaires du parlement qui lui offrent la couronne. Conspiration de niveleurs. -— Nouvelles conférences de Cromwell et des commissaires du parlement. Longue hésitation de CromweH. — Mécontentement des Républicains. -^^ Résistance de fleetwood et de Desborou^. Démarehes inutiles du Protecteur pour les gagner. — Opposition de Lambert. — Desborough et le colonel Pride font présenter nnc adresse à la cimrabre contre le rétablissement de la royauté. CromweU refose le titre de Roi. — Projets de Cromwell. Sa conduite envers les Juifs ; Son indifférence pour toutes les sectes; anecdote à ce sujet. — Victoires maritimes de Make. Sa mort. Traits de son caractère. — Nouvelle inauguration du protectorat. — Richard Cromwell parait destiné à succéder à son père. — Proposition singulière de lord Rroghiil. — Mariage de deux filles da Protecteor. — Disgrâce et complots du général Lambert* — Coq<duite du colonel Hutchinson.
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