LIVRE NEUVIÈME. l
conseils que Cromwell adressait à Henri sur la conduite des affaires /expliquent la mode* ration que ce jeune homme montra dans Texercice de la conquête et du pouvoir mili- i65.6. taire (i). « Je crois, lui écrivait Cromwell ^ qu'il c y a d^s personnes peu satisfaites de l'ordre K présent, et prêtes à montrer leur mécon* « tentement à la première occasion. Le temps « et la patience les amèneront, à un meilleur a esprit , et leur feront voir ce qui semble au* ce jourd'hui leur être caché ; sur-tout , si elles « éprouvent votre modération et votre bien- « veillance au moment même , où elles sont oc dans une route opposée. Je vous recommande ce instamment de mettre à cela votre étude et a tous vos efiforts. » Le peuple d'Irlande était soumis, les troupes étaient fidèles; et quelques officiers mécontents ou destitués se trouvaient sans appui, dans un pays où le nom de la république n'était ni moins funeste ni moins odieux que celui de Cromwell. Ainsi des hommes qui, en Angleteire, auraient pu de-
(i) Tharloe's state papers, y. ▼, p. 348.
l46 HISTOIRE DE CROMWELL.
venir dangereux pour la puissance du Protecteur , étaient sans force en Irlande , et , pour ainsi dire, perdus et anéantis dans la haine commune du nom anglais. Cromwell marqua bien cette différence par les eflForts qu'il fit pour retenir en Irlande le lieutenant-général Ludlow.
Ludlow, s'étant démis de tout emploi, était demeuré paisible en Irlande , jusqu'au moment où son régiment fut réformé par ordre du Protecteur. Il voulut alors passer en Angleterre. Le gouverneur Fleelwood exigea de lui le serment de ne rien faire pendant ce voyage contre l'autorité du Protecteur; Ludlow y consentit, après une négociation que désapprouva le fils du Protecteur , et qui peut servir à montrer la fermeté de Ludlow (i), et les égards qu'il obtenait encore des Républicains comme Fleetwood. Mais s'étant embarqué, aussitôt qu'il eut mis le pied en Angleterre , il fut arrêté par l'ordre du Protecteur. On lui demanda de nouvelles promesses de ne pas
(i) Lndlow*s menoirs , t. u ^ p. 538.