‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 40 sur 131 · LIVRE NEUVIÈME. Î^J · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. Î^J

agir contre le* gouvernement ; il les souscrivit avec de nouvelles restrictions. Dans* sa bonne foi républicaine, Ludlow ne pouvait se départir du droit d'attaquer la puissance illégale de Cromwell. Il ne pouvait s'accoutumer à Tidée de voir les anciens Indépendants soumis à cette puissance. Mais sa plus grande surprise ( i ). fiit de recevoir dans sa prison la visite d'un seigneur catholique , ancien chef irlandais , qui. lui fit of&e de services , et promit de le recommander à son altesse le lord Protecteur. « Je «( regardai , dit Ludlow, comme une étrange ré- «: volution, qu'un homme, qui avait étélieute-^^ « nant-général des rebelles , eût plus de crédit €, que moi auprès du général de la république. » C'est que le général de la république s'était fait souverain ; et pour tout pouvoir qui s'élève , {es amis d'un ancien pouvoir sont encore moins suspects que ceux de la liberté. Ludlow l'éprouva par l'accueil menaçant qu'il reçut di^ Protecteur. Rien ne caractérise mieux l'esprit du temps que l'obstination raisonnée de Lud;

(i) Ladloyr's memoîrs , y..u, p. 544.

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low (i) refusant de souscrire une promesse de ne point agir contre le gouvernement de Cromwell, et la demande réitérée de Cromwell, qui paratt attacher à cette promesse la plus entière confiance. « Quand même Néron r^[Qe- « rait^lui dit Cromwell, il serait de votre devoir « de vous soiunettre. « « Je suis soumis, répon-» a dait Ludlow ; mais si la Providence ouvre une « voie de salut, et permet quelque jour de « s'armer pour la èause du peuple , je ne puis' a me lier les mains et renoncer d'avance à « cette occasioïl. » Après beaucoup de menaces contre Ludlow , Cromwell parut s'adoucir, lui adressa des paroles flatteuses, et le laissa libre. Mais à l'approche des élections , il le fit de nouveau comparaître devant son conseil-d'état , avec quelques autres Républicains, dont il re» doutait également l'influence. C'était Bradshaw,. le président de la haute-cour , le colonel Bich , le chevalier Henri Yane, tous aussi inflexibles au pouvoir et aux séductions de Cromwell, qu'ils avaient été furieux contre la royauté.

(i) Ludlow's memoirs, ▼• tt^ p. 55i.

Bradshaw, qui portait devant les complices de la réTolution toute la fierté du grand crime qu'il avait commis pour eux, rej<^ta dédaigneusement Tofire d'un nouveau titre de }age et i656. Ja coédition d'un nouveau serment. Il répondit . qu'il était autorisé par le parlement , et ne pouvait être révoqué piir un autre pouvoir.

-CromweU ii'osa rien entrepr^endre contre rhomme qui avait pfononcé la sentence du Roi. Le colonel Rich et Iiudlow, pressés par le Protecteur de donner caution qu'ils n'agiraient pas contre son gouvernement , cefosèrent avec la ifranchise et la hauteur qui est un des caractères de cette épocpie. Le Pirotecteitt* irrité envoya Rîch [Hrisonnier au château d€ Windsor.

Il montra plus de patience «nyers Ludlow, .qu'A avait toujours trompé y craint, et estimé. U entra même' av«c lui dans une sorte de controverse sur la légalité de son pquvoir. « Que '« voulez -vous y lui di^-il, qUe désirez^ vous . « de plus que ce que vous aves ? chaque « homme ne peut -il pas être aussi hon et -«.aussi saint qu'il le souhaite? » Ludlow n'eut pas de peine à répondre, qu'il voulait la cho^e

l5o HISTOIRE DE CROMWELL.

pour laquelle on avait combattu ; c'est-à-dire que la nation fût gouvernée de son propre consentement

a Je suis de cet avis , dit Cromwell , autant (c que personne au monde: mais où trouverons- « nous le consentement dont vous pariez? sera-ce <K parmi les Episcopaux, les Presbytériens, les « Indépendants , les Anabaptistes , ou les Nive^ «r leurs?» — a Parmi les hommes , quel que soit cr leur parti, qui ont agi avec zèle et fidélité pour « le bien public. » Cromwell , que la bonne foi d'une pareille réponse devait rassurer sur les vues politiques de Lùdlow, continua l'entretien par de grands éloges de son gouvernement, ajoutant qu'il était résolu d'empêcher la nation de s'ensanglanter de nouveau. Ludlow répondît , qu'il y , avait déjà trop de sang répandu , si l'on n'en rendait un meilleur compte. « C'est bien fait à vous, reprit amèrement lé « Protecteur, de rejeter sur nous le crime du « sang versé ; nous voyons ici d'heureux efiets a de celui qui a coulé : nous savons quelles «communications secrètes existent aujour^ « d'hui entre les Espagnols et des hommes dse

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