‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 47 sur 131 · LIVRE NEUVIÈME. iy · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. iy

comédie eussent été convenus d'avance , soit que le Protecteur eût en effet moins d'empressement à recevoir un titre ^ que la chambre, une fois engagée, n'avait de zèle pour hâter la servitude publique.

Sur cette seconde instance, le Protecteur, après de nouveaux témoignages d'humilité et de respect pour la chambre , avoua qu'il n'était pas encore convaincu. Il ajouta que , « s'il « entreprenait quelque chose sans une foi en; «t tière , la force lui manquerait , et qu'il redc- «r viendrait le serviteur le plus incapable qu'aur « cune nation aurait jamais eu. Il demandait «c donc la liberté de prendre conseil , et d'exff poser ses doutes, ses craintes , ses scrupules ; « bien qu'en matière semblable, dit-il, le monde « ait jugé que la conscience; ne devait guères « avoir de scrupule. » ,

L'ofiîre de la couronne pfk, ainsi la forme d'une négociation, et le parlement délégu^ plusieurs de ses membres, pour discuter à fond avec le I¥otecteiJr. Un incident retarda rou7 verture de ces singulières conférences. Pendant qu« quelques Républicains apostats et

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quelques anciens Royalistes étaient si impatients de faire Cromwell Roi, les hommes de la cinquième monarchie, ceux de tous les sec- 1657. taires qui avaient le plus de folie et de bonne foi , songeaient à réaliser enfin la royauté de Jésus - Christ. Cette conspiration était peu compliquée. Une soixantaine de personnes devaient s'armer à l'improviste, ne doutant pas que tout le peuple ne les suivit. La veille du jour fixé pour cette attaque insensée , le major Harrisson , le colond Rich , le vice - amiral La^son, furent conduits à la Tour, comme les chefs secrets de l'entreprise. Le secrétaire d'état Thurloe mit sous les yeux de la chambre l'étendard des conjurés, qu'ils appelaient la bannière que Dieu a donnée û son peuple dispersé. Oh y voyait pour devise un lion couché, avec ces mots de la Genèse, ^c osera le faire le^er? Le bwt de la conspiration était €e pkcer en Jésus-Chrifet le pouvoir législatif suprême , et de former un conseil qui représenterait Tassetnbléc des saints, et agirait au nom et par la hitàlièt'e de Jé$us-Cfarist. Thurloe, clans son rapport à la chaâibre, se crut obligé

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