‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 48 sur 131 · LIVRE ITEUYIEMK. I · texte numérisé non relu

LIVRE ITEUYIEMK. I

de séparer la cause de ces hommes, de celle des amis de la liberté. Il eut (i ) soin d'avertir que l'origine de pareils, complots remontait fort loin ; que ce n'était pas le résultat du mécontentement excité par les efforts de la ehambre pour constituer le peuple anglais sous une fonde nouvelle , qui pouvait paraître désagréable aux ^ens de bien ; que la conspiration était ancienne , toujours active, formée par des hommes incajiables d^ repos et qu'aucun gouvernement ne satisferait. Au reste , Cromwell, qui fit détenir exti'aordinairement les prévenus sut* un ordre de sa main , ne se hasarda point à les faire juger.

La découverte d'une pareille entreprise concoiiraii à propos avec la grande question qui était alors agitée. La peur de l'anarchie a tou* jours été l'excuse de l'esdavage. La chambre manifesta son hcH^eur pour un si grand crime ; et ses cômmiissaires fîvent admî^ enfin près du Protecteur , qu'ib étaient chatgés de Convaincre.

I* *■ I ] t 1 ^ii y t»! h

(1) Thviioe*$ «talèb paptn, ▼. iv^ p. iH.

Excepté le jurisconsulte Lisle , aucun des membres de ce comité n'avait participé à la mort de Charles. Cette circonstance fit croire que leur zèle pour rétablir les formes monarchiques cachait une arrière-pensée* fafvorable à la cause des Stuarts. On a supposé même, que les démarches de la chambre des communes étaient déterminées par l'espérance de perdre Cromwell en le couronnant , et de l'accabler sous le succès de son imprudente ambition. Il est certain qu'un grand nombre de Royalistes se montrèrent fort empressés pour l'élévation de Cromwell ; mais la servilité des hommes n'a pas besoin d'être expliquée par les calculs d'une politique si subtile et si prévoyante. Beaucoup d'illustres familles, suivant Clarendon , regrettant la perte de leurs privilèges , Se flattaient de reprendre leur rang autour du trobe, occupé même par un usurpateur. Telle était sans doute l'espérance de lord Broghill, qui, plus que personne, sollicita Cromwell d'accepter le titre de Roi. Les autres membres du comité, Whitelocke récemment nommé commissaire de la trésorerie; Lenthall

LIVRB IfEVVIÈMB. jnn

et Fiennes, commissaires du sceau; le colonel Wolsey, le colonel Jones, le chef de justice Glynne , élevés par la révolution et <;réatures de Crom well , n'avaient d'autre intérêt que la durée de son pouvoir; et dans les instances qu'ils adressaient à Cromwell, on ne peut pas plus douter de leur sincérité que de leur bassesse. St. -John (i) était le seul membre du comité qui, après avoir été le confident de Cromwell , parut séparé de lui et peu favorable à sa puissance. Il avait désapprouvé le protectorat, et dés -lors s'était renfermé dans ses fonctions de juge, sans conserver de crédit sur CromweU , et même ayant quelque^ fois besoin d'être défendu près de lui. Il parla peu dans cette confèrence. .

Wbitelocke, président du comité, annonça qu'il était chargé de répondre aux scrupules et aux objections du Protecteur contre le titre de Roi. Cromwell avoua qu'il avait une déplaisance générale pour cette chose j et pria les commissaires de lui dire chacun . leurs

(i) Thivloe'8 State papen, t. tii, p. 914.

I<j8 HISTOIRE l^E CROHWELL.

motifs particuliers ( i ) , ajoutant qu'un autre fuôde <k didocisaîon lui ieiait p^sdi^e h fil de ses idées.

L'ai^umenlatàoci commcoiça souscette forme.

Les cooumssaires parlaient successivement: avec beBiïÊCxmp de mëtfaode , et attaufOiubiH tour-àtour ; par divers points , la conscîeace du Sroteeteur.

Whitelocke i«posa que le tilnre <le iRoi était un ti)tre ancieanenieiit connu , ^ui^el se rs^ portaient toutes ies loifi^ aofiftel se (UaîeDt las droits généraux ef. les Ubertés du ^u^, qiA aurait à4a-fois pour base , et ht cen^tokion présente , et les lob anciennes de TAni^eteii», •et qu'enfin il y avait dans œ titré flkàs d^ stabilité , de suprématie et de sanction civâe, que dans le titve de iBroteoteur , dont Tapplication était nou^veUe et les rapports tncertains.

Lenthall ocmsidéra 2a question dans 4'iiilé- -rét de la liberté , avec oette kypocrisie d'si dépendance qui^ lorsqu'elle se mêle à la vitnde, la rend plus incurable» Il pressa Crom-

(i) The Parliamentary histoiy, y. xxi, p. 69.

Page 1