‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 52 sur 131 · LIVRE NEUVIEME. ' 20I · texte numérisé non relu

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pour déceler son hypocrisie. Dans ce siècle fanatique , la foi ne se séparait pas de l'intolérance ; et si Cromwell eût été sincère , il eût choisi la secte qu'il voulait suivre. Mais, dans sa religion, toute politique, il évita de blesser plusieurs sectes par attachement à une seule , en même temps qu'il satisfaisait l'esprit superstitieux du temps par une démonstration générale de ferveur et de piété : négligeant toujours le dogme pour l'enthousiasme , il s'occupa de maîtriser les imaginations, sans offenser les préjugés d'aucune croyance. Ce calcul était d'un homme d'état, qui choisit l'objet de son fanatisme , et non d'un sectaire emporté lui-même par l'ascendant qu'il exerce sur le& autres. La plus grande preuve que Cromwell donna de cette tolérance , si étrangère à son siècle et à son fanatisme apparent, ce fut à l'occasion du peuple juif, si long-temps opprimé par des préjugés , qui n'existaient nulle part avec plus de force qu'en Angleterre. Un £aimeux rabbin (i),Manassé-Ben-Israè'l, eut

(i) Harleian collection , v. y, p. 43o«

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plusieurs conférences avec le Protecteur. 11 demandait pour sa nation la liberté de com* merce et de conscience, alléguant les persécutiens et les injures qu'elle éprouvait dans les États catholiques. Cromwell parut favorable à cette demande ; mais il voulut la soumettre à la discussion d'un comité de théologiens, qui furent peu d'accord. Cromwell insistait lui-même en faveiur des Juifs par un ai^ment théologique. « Puisqu'il y a, disait-il, une pro* « messe de leur conversion , il faut employer c tous les moyens qui peuvent en feciliter l'ao « complissement : il n'en est pas de plus sûr « que la prédication de l'évan^le telle qu'elle # se feit en Angleterre , avec sincérité et vérité, « sans aucun mélange de ces superstitions « papistes , qui leur ont fait haïr la religion « chrétienne. » Un grand nombre de Juifs, encouragés par cette protection, étaient ve* nus à Londres pour attendre le dénouement de ce débat; mais la majorité des théologiens se déclara contre eux. Le commerce de Londres réclama dans une autre vue, et par crainte de la concurrence que présen-*

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