‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 66 sur 131 · LITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LITRE DIXIÈME

Mardyke, afin de lui donner une garantie provisoire. Lockart qui démêlait la cause des

lenteurs de Mazarin, lui déclara nettement

que, s'il ne se hâtait de tenir sa promesse, le 1657. Protecteur savait bien où trouver un allié plus exact. Mazarin (i) écrivit alors au maréchal de Turenne, qu'il n'y aurait rien de plus fatal que de perdre l'alliance de Cromwell, ce qui allait arriver si Ton ne remettait dans ses mains une des villes fortes de la Flandre. Cromwell fit aussitôt passer dans le port de Mardyke une escadre considérable. Le duc d'Yorck à la tête de deux mille Anglais catholiques ou re* fugiés , fit une tentative hardie pour reprendre cette ville; mais il fut repoussé par la garnison anglaise. Ainsi les deux partis retrouvaient la guerre civile sur une terre étrangère.

Au milieu de ces soins , et dans cette union avec la France, le Protecteur continuait de veiller à la sûreté des sectes protestantes.

Non content des secours et des subsides qu'il

(i) A critical reriew of tbe life of Cromwell, hj Banks, p. 198.

a4^ HISTOIRE DE CROMWELL.

avait fait passer aux Protestants du Piémont, il mit leurs intérêts sous la garantie de la cour de France, à laquelle il transmettait leurs plaintes, avec de pressantes recommandations. Il étendit même cette tutelle du protestantisme à quelques désordres qui s^étaient élevés en France, et dont Nîmes avait été le principal théâtre. A la demande des réformés de cette ville, il écrivit sans retard au cardinal Mazarin, pour intercéder en faveur de la liberté de leur culte. Cette tolérance si juste, mais qu'il réclamait avec tant.de hauteur, il ne l'accorda point dans ses états aux Catholiques , que Mazarin voulut protéger à son tour. Thurloe a conservé sur ce sujet une lettre curieuse du Protecteur. Après quelques expressions d'estime et de reconnaissance pour Mazarin : <c II ne a m'est pas permis (i), dit le Protecteur, le « dirai^je,il ne m'est pas possible, dans la situait tion de mes affaires , et dans l'époque préce sente , de satisfaire à vos demandes pour la

(i) Thurloe*« state papers, v. vi, p. 735.

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