‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 67 sur 131 · LIVRE DIXliMK. Hl^Z · texte numérisé non relu

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< tolérance du catholicisme. Il est vrai toutefois, a que sous mon gouvernement la répression a est moins rigoureuse que sous celui du par- « lement. Je puis le déclarer en présence de 1657. « Dieu , j'ai fait quelque différence entre les « hommes; j'en ai retiré beaucoup du feu déa vorant de la persécution qui tyrannisait leurs a consciences , et envahissait leurs biens. » Il donne même l'espérance de faire davantage.

Et en effet, ce même système de modération pour toutes les sectes, il l'appliqua souvent aux catholiques ; mais on peut croire que cette tolérance n'était donnée qu'à sa politique et à ses intérêts , et non pas à l'influence d'un pouvoir étranger.

Ce zèle du protestantisme , que Cromwell portsdt dans sa politique extérieure, lui fit toujours soigneusement cultiver l'alliance du royaume de Suède , formée sous les auspices de Christine , et rendue plus importante par la gloire de son successeur, qui renouvela les prodiges de Gustave-Adolphe , et parut quelque temps la terreurjet le héros du Nord. On voit, dans le recudl de Thurloe, que le Pïto-^

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tecteiir suivait avec une jalouse curiosité toutes les entreprises militaires, et les fortunes diverses de ce prince , qui , dans peu d'années , ravagea la Pologne , imposa des lois au Danemarck , s'empara de plusieurs provinces , qu'il garda même après ses défaites, et médita l'envahissement d'une partie de l'Europe. Le Protecteur, qui pouvait redouter ce jeune et entreprenant rival, ne vit en lui qu'un soutien (i) pour cette grande ligue protestante, qu'il avait l'intention de former. Il conclut avec lui un traité de commerce, dans lequel il eut soin de comprendre les intérêts de la Hollande, son alliée, menacée par le Roi de Suède, qui, suivant les projets divulgués après sa mort, voulait unir les fruits de la conquête et ceux de l'industrie , assujettir le nord , et intercepter le commerce des peuples du midi.

Ces puissantes alliances, ces guerres heureuses de l'Angleterre , donnaient au Protecteur une grande force pour braver le retour

(i) Tknrloe's state papers, ▼• vi, p. 628.

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de la plus diflScile épreuve de . son pouvoir , l'assemblée du parlement. A défaut du titre de Roi , voulant du moins réunir toutes les formes monarchiques favorables à l'autorité ^^^l d*un seul , il s'était ménagé le droit d'associer cette fois à la chambre des communes une autre chambre qui devait remplacer la pairie ; mais de nouvelles difficultés naissaient de cette disposition même. Une préférence pour les rangs élevés de l'ordre social, sentiment qui est une faiblesse dans un usurpateur ^ lui faisait désirer de ramener à sa cause, et d'envelopper dans son gouvernement les grandes et anciennes familles de l'Angleterre (i). Il lui était d'ailleurs impossible de remplacer dans l'opinion des peuples cette antique pairie, qui avait suivi la révolution jusqu'à la chute du trône , et qui conservait encore ses richesses et Finfluence de ses grands domaines. D'une autre part, il avait à ménager tant d'hommes vaiUants et hardis qui s'étaient

(i) ErsLlne , sar les causes de la guerre avec la. France.

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élevés comme lui. Il ne pouvait espérer de les confondre avec les chefs de la noblesse > qui étaient séparés d'eux par les souvenirs encore si récents de la persécution et de k guerre civile. Parmi les anciens pairs, celui même qui était le^ plus lié à ses intérêts, le comte de Warwick, refusa de venir siéger (i) à coté du colonel Hewson. Ces embarras sont naïvement exprimés dans une lettre du secrétaire-d'état : « Aucun choix n'est encore « arrêté (2) , écrit-il à Henri Cromwell , la di£6- «c culte étant grande entre ceux qui convien- <c draient, mais qui ne veulent pas, et ceux a qui demandent, mais qui ne conviennent (c pas; et cependant il n'y a plus que huit « jours pour se décider. »

Cromwell avait souvent essayé des avances et des séductions , envers les personnages les plus illustres de la noblesse. Un peu avant la formation de la nouvelle chambre des pairs, instruit que le marquis d'Hartfort était plongé

(i) Ludlow's memoirs, v. 11, p. SgS,

(2) Thurloe*s state papers, t. xxi, p. 648.

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