LIVRE OIXIÈmE
dans la douleur par la mort de. son fils aîné, il envoya Sydenham , pour le complimenter sur cette perte. Quelque temps après (i), il fit inviter à sa table ce même seigneur, qui n'osa refuser. Cromwell laccueillit à bras ouverts, lui marqua les attentions les plus délicates , et après le diner, l'ayant pris à part, il parut s'ouvrir à lui sans réserve. « Je n'ai plus la « force , lui dit-il , de supporter le poids des «c affaires; j'en suis accablé; vous, mylord,qui « êtes un homme de grande sagesse et d'ex- «t périence , et qui avez été long-temps exercé <c dans le gouvernement, dites-moi ce qu'il « faut faire. )> Hartfort , surpris et embarrassé de cette confidence, s'excusa d'y répondre; ancien serviteur de la couronne , et membre du conseil privé de Charles, ses principes ne lui permettaient, ni d'être consulté par le Protecteur, ni de se hasarder à lui donner un avis. Cromwell le pressa de s'expliquer librement; et Hartfort, ne pouvant échapper à ses impé-
(1) Peck's préface to the memoirs of Oliver Crom* well, p. 37.
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rieuses questions, finit par donner au Protecteur le conseil impraticable que nous avons déjà trouvé plusieurs fois dans cette histoire, celui de rappeler Charles II , et de lui rendre la couronne. Cromwell répondit : ce Que les choses <c étaient trop avancées, et qu'il ne pourrait «c se confier à Charles. » Il renouvela plusieurs fois , à l'égard des plus illustres familles du royaume, ces empressements et ces caresses intéressées qui, dans la courte durée de sou pouvoir, n'en séduisirent qu'un petit nombre; mais qui devaient leur inspirer à toutes ime sorte de sécurité favorable à l'obéissance.
Cromwell , après beaucoup d'incertitudes , qui venaient d'une opposition invincible entre l'origine et les formes nouvelles de son pouvoir, se résolut à composer une chambre haute, par la réunion de ses parents , de ses plus fidèles amis , et de quelques-uns de ses ennemis, qu'il enlevait ainsi à la chambre des communes, où leur présence lui paraissait plus dangereuse ; et il envoya les lettres de convocation, suivant la formule autrefois usitée pour la chambre des lords.