‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 70 sur 131 · LIVRE DIXiisME. sSl · texte numérisé non relu

LIVRE DIXiisME. sSl

teneur de ses pensées , doit s'embrouiller et s'appesantir, en proportion même des grands projets qui Toccupent et des secrets qui lui pèsent. Jamais l'élocution de Cromwell ne fut plus mystique et plus vague que dans cette occasion. Ce sont des éloges (i) de la liberté spirituelle, des remerciements à la Providence, des citations de psaumes, des déclamations contre Tépiscopat^ qui n'existait plus. Il parle des hommes qui n'entendent pas les oeuvres de Dieu , qui ne voient pas l'opération de ses lois, qui ne considèrent pas que Dieu a mis en pièces les anciens pouvoirs, afin que les hommes puissent le craindre. Il vante la nouvelle composition du ministère ecclésiastique, a L'esprit de la bête , dit-il , ne connaît « pas l'esprit de l'homme, et l'esprit de l'homme « ne connaît pas les choses de Dieu : les choses « de Dieu sont connues par l'esprit. » Contre son usage , il parla brièvement , et s'en excusa sur l'altération de sa santé. « Je serais charmé , « dit- il en finissant, que mes os reposassent

(i) The Parliamentaiy history, v. xxi,p. 174-

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a avec les vôtres. » Et, après avoir promis aux députés qu'ils seront les bénis du Seigneur, et s'être plaint de nouveau que des infirmités sont sur lui^ et qu'il n'a pas. la force d'en dire davantage, il annonce qu'un honorable personnage va leur exposer plus particulièrement ce qui convient à cette circonstance et à cette réunion. Le lord-commissaire du sceau, Fienne, ûi alors une longue harangue , plus mystique et plus obscure que le discours de son maître.

Dans un moment où des intérêts si graves étaient en jeu, cet homme, d'ailleurs légiste habile, n'emploie qu'une suite d'allusions et de comparaisons empruntées à l'Écriture , comme s'il voulait éluder et fiiir le véritable sujet de la séance et du discours. C'est (i) ainsi qu'il célèbre la réunion des deux chambres , sans l'expliquer par aucun motif politique : « Jacob , parlant à son fils Joseph , lui a disait : Je ne pensais pas à te revoir toi- « même, et voilà que Dieu me montre ta « postérité ; il voulait parler de ses deux fils

(i) The Parliamentary history, v. xi, p. i?^*

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