‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 74 sur 131 · LIVRE DIXIÈME. aSg · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME. aSg

d'abandonner la clause obscure^ et arbitraire , qui soumettait indirectement le choix des députés à la révision du conseil-d'état. L'assemblée la plus servile veut conserver du moins ce qui donne du prix à sa dépendance ; et ces mêmes hommes qui , maîtres de la chambre , par l'exclusion de leurs collègues, avaient voulu couronner Cromwell, ne lui avaient pas laissé le pouvoir de se passer d'eux. L'erreur de leur calcul fut qu'ils se réduisirent euxmêmes à l'impuissance, en favorisant le retour de cette partie de la chambre, dont le courage condamnait leur faiblesse.

Cette oppo^tion nouvelle et toute répubficaine s'attacha d'abord à méconnaître l'existence de l'autre chambre, qui déplaisait même aux députés les plus complaisants pour le pouvoir de CromwelL Les nouveaux lords prévinrent les communes , en leur envoyant divers messages ; mais les communes , au lieu d'y répondre, discutèrent l'existence de l'autorité illégale et inconnue qui les adressait Le Protecteur, trouvant avec raison que ces attaques remontaient jusqu'à lui, convoqua les com-

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munes à White-Hall , et leur fît un long discours pour les exhorter à la concorde et au respect des institutions.

Mais la chambre, au lieu de s'arrêter, toucha bientôt des questions plus délicates. On parla d^examiner tous les actes promulgués , durant l'exclusion arbitraire d'une partie du parlement. C'était attaquer Cromwell sur la base de son pouvoir.

Une si vive opposition excita beaucoup d'espérances , et rallia tous les ennemis du Protecteur. Les prédicateurs de la secte indépendante recommencèrent à déclamer avec fureur. Le parti royaliste, attentif à tous les troubles, comme à des occasions de victoire , s'agitait et cherchait de nouvelles alliances. Le mécontentement éclatait dans les discours de beaucoup d'officiers de l'armée. Des pétitions violentes étaient répandues dans Londres. La chambre des lords, repoussée par l'esprit de la révolution, et contraire aux droits de l'ancienne noblesse , n'avait de force nulle part. La majorité de la chambre des comjnunes devenait chaque jour plus hardie , et paraissait favori-

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