LIVRE DIXIÈME. l
« efforcés de pervertir Tannée, depuis le temps €c que vous siégez , et de l'engager à élever la « question de rétablissement d'une républi- « que ; mais quelques-uns de vous ont enrôlé « avec des commissions de Charles Stuart , « pour se joindre aux insurrections qui peuvent fc se former. Que peut-il en résulter, l'ennemi « étant près de nous envahir? du sang et du « désordre. ... Si tel est le but de vos séances , «c si telle est votre conduite , je pense qu'il est « grandement temps de mettre fin à votre «réunion, et je dissous ce parlement Que «c Dieu soit juge entre moi et vous. » — Beaucoup de députés répondirent , Amen.
Cette violence excita de grands murmures , et fut désapprouvée des plus fidèles amis du Protecteur, sans qu'on puisse la regarder comme une faute dans la situation de Cromwell. U y a des symptômes de péril, dont l'homme qui tient le pouvoir est le meilleur juge par un instinct de conservation , plus sûr que tout conseil étranger. S'il les arrête à temps, on accuse ensuite sa politique , précisément parce que les conséquences qu'elle a prévenues ne paraissent pas. '
l66 HISTOIRE DE GROHWELL.
Dans Tagitation où la résistance du parlement jetait TAngleterre, dans le mécontentement de tous les partis, on ne peut calculer t657. quels mouvements aurait excités la présence de Charles, avec une armée de 10,000 hommes.
L'idée seule qu'il commandait quelq[ues troupes sur les côtes de Flandres avait ranimé l'espérance d'une foule de sujets fidèles* Les communications royalistes , qui ne cessé* rent jamais pendant la durée du protectorat, mais dont Cromwell tenait tous les fils, avaient pris une activité nouvelle. Lord Ormonde, proscrit par la République, venait de parcourir secrètement l'Angleterre au nom de Charles II ; et il avait trouvé des dispositions prêtes i éclater, si le Roi paraissait* Les partis se décou*vraient avec cette hardiesse, avant-coureur ordinaire du danger , et qui , lors m^e qu'elle n'en est pas le signe , en deviendrait bientôt la cause. Mille bruits sinistres menaçaient la vie du Protecteur. Un pamphlet adressé à Crom- "wel , sous ce titre , tuer n^est pas assassiner , se répandait dans les trois royaumes , et provoquait sous la forme d'une plaisanterie un