‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 77 sur 131 · LIVRE DIXIEME. !l · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME. !l

meurtre que le fanatisme et la Tengeance pouvaient facilement inspirer. Quelques républicains enthousiastes, sans s'inquiéter des périls qui leur étaient communs avec le Protecteur, se livraient tout entiers à leur haine. Une pétition devait être présentée à la Chambre, pour demander le rétablissement de la République.

Harrisson (i), armé de son inflexible bonne foi, était au fond de toutes ces intrigues, avec d'anciens niveleiirs, depuis long-temps repoussés par Cromwell; et leur influence s'étendait sur beaucoup d'officiers de l'armée.

On ne peut révoquer en doute la grandeur du péril , lorsqu'on voit le Protecteur contraint de se défier de sa propre garde , et renvoyant, aussitôt après la dissolution du parlement le colonel et cinq officiers de son régiment de cavalerie. Thurloe observe que ces offijciers étaient anabaptistes. C'était la secte la plus libre , la plus irrégulière dans le dogme , et par conséquent la plus républicaine dans une révolution toute religieuse.

(i) WIiîtek)cke*s memoriaU, p. 673.

a68 HISTOIRE DE CROMWELL.

Mais^itôt qu*il eut brisé le parlement, Cromwell reprit sa domination naturelle sur l'armée. Ayant réuni à White-Hall tous les officiers, il leur fit une longue harangue qui fut reçue avec enthousiasme , et suivie du serment de vivre et de mourir pour lui. On remit Harrisson eu prison, d'où il n'était jamais sorti que pour former de nouveaux complots , sans que jamais le Protecteur osât faire punir de mort cet incorrigible martyr de la liberté, que l'ardeur même de son zèle rendait un conspirateur peu dangereux. On défendit toute assemblée particulière formée sous prétexte de prédication. Ainsi la dissolution du parlement^ et quelques actes de sévérité, dissipèrent ces nuages de mécontentement amassés de toutes parts : et Cromwell, après cette épreuve, parut quelque temps s'être raffermi dans le pouvoir , en bri^^nt la constitution qu'il avait faite pour se soutenir.

Dans l'incertitude où il laissait les esprits sur la formation d'un nouveau parlement , il

(i) Thnrloe's state papers, v. yi, p. 786.

Page 1