‹ Histoire de Cromwell (volume 3)Chapitre 79 sur 131 · IL · texte numérisé non relu

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il allait frappelr cet homme , sans les prières de Thurloe , qui Tassiira que Moreland était tombé de sommeil, après un travail exoes^f de deux nuits, et qu'il dormait bien véritablement.

Cependant Charles, mal secondé par Tadministration des Pays-Bas, ayant quelques troupes et point d'argent, voyant la Flandres chaque jour plus menacée par le progrès des troupes françaises, avait résolu de passer en Espagne, et d'y chercher près du Roi lui-mérae plus de zèle et d'appui. La crainte (i) que son absence n'ofiîit à son frère le duc d'Yorck quelque occasion glorieuse , lui fit abandonner ce projet : et il resta dans Bruxelles , occupé de négociations, auxquelles on essayait dlntéresser le souverain Pontife. Le secours facile, mais si dangereux de& Catàioliques irlandab séduisait Charles. Un cardinal inspirait cette fausse politique atix consdils du jeiine Roi. C'était ce même cardinal de Retz, banni de France

(i) A collection of letters publisfaed bjThomas Carte, T. n, p. 137.

par le mauvais succès de sa hitte contre Tautoiité royale 9 et qui maintenant occupait les loisirs de son génie £sictiettx à former des projets pour le rétablissement de la monarchie ^^^ en Angleterre. Mais, durant ces vaines agitations , la destinée amenait un dénouement plus naturel.

Le Protecteur paraissait raffermi dans son pouvoir. Aucun des périls qu'il avait annoncés lui-même ne se réalisait : et ces alarmes n'avaient i^nri qu'à réunir plu» étroitement autour de laides homtlaLes qui, liés à sa fortune, et à sa personne , mais souvent opposés à son pouvoir 9 par ambition, par fierté, par conscience, faisaient aujourdfhui tout cécter à fintérét d'une défense comnmtie. Fketwood , ce r^uUicain enthousiaste , qui avait presque conspiré pour prévenir l'élévation de Cromwell an trône , et qui ndguères encore s'opposait à la brusque dissolution du parlement , forcé maintenant de soutenir ce qu'il avait blâmé ^ fil présenter an Pï*otectenr, par toti5 les officiers de l'armée, une adresse dans, laquelle ils protestaient de lui demeurer fidèles,

S^G HISTOIRE BB CROHWELL.

et lui eogagéaieni: solennellement le secours de leurs bras et de leurs prières, pour seconder l'œuvre de sa vocation. Le même exemple fat donné par Monk et par Tarmée d'Éçosse. ^B n'y eut pas jusqu'à la garnison anglaise de Mardike , qui ne se crût obligée d'envoyer uœ adresse au Protecteur.

Chose remarquable que le Protec^^eur^ après plusieurs années de puissance civile, retombât ainsi dans les premières voies de son élévation, et fui rejeté sur ses premiers appuis!

C'était sans doute une grande force personnelle, que de maîtriser cette armée turbulente et fanatique. Mais c'était un grand symptôme d'instabilité , que ces perpétuelles ratifications de pouvoir qui semblaient émaner d'elle seule. Dès-lors il était visible que l'armée restait maîtresse de la révolution, et qu'elle pouvait la livrer à d'autres , sans .en excepter Charles II. Cromwell sentait bien ce péril; et tout son protectorat fut un long effort pour fonder quelque pouvoir civil. Le vice de l'usurpation rendait ce problème insoluble. De-là sous Cromwell cette excellente composition

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de la magistrature , et cet abus des cours spé^ ciales; ce système d'élection plus populaire, et cette tyrannie des majors-généraux ; ce retour opiniâtre vers les parlements, et ces épurations arbitraires, ces dissolutions violentes; cet essai d'une chambre des pairs, et cette suspension de tout pouvoir civil, ce recours au seul appui de la force militaire.

Gromwell , ne pouvant désormais espérer d'autre appui que le dévouement de l'armée, parut se départir du système d'indulgence, qu'il avait long - temps opposé aux conspirations impuissantes des amis de Charles II. Dans ce nombre se trouvaient alors des hommes attachés d'abord à la cause de la révolution , et que la tyrannie du Protecteur, l'ambition de rendre un grand service avait rejetés dans le parti royal. L'animosité contre un ennemi commun avait inspiré aux divers partis une confiance mutuelle, qui les trahit plus d'une fois. Beaucoup de gens croyaient s'accorder, parce qu'ils se plaignaient ensemble. Le fils de l'un des juges les plus acharnés du dernier Roi , Stapley, s'était introduit dans une asso-

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ciation de jeuiies seigneurs' royalistes, qui distribuaient au nom de Charles des commissions et des titres pour une armée secrète, qu'il s'agissait de former en Angleterre, sous les y€!ux: vigilants du Protecteur. Ce projet était toujours soutenu par l'espérance du débarquement de Charles II. La conspiration n'alla pas plus loin. Stapley voulait rester fidèle ; mais dénoncé lui-même et mandé par Cromwell , il se trouva faible devant l'homme qui avait été l'ami de son père , et qui disposait de sa vie. U nomma tous les conjurés, et désigna comme leur chef sir Mordant , fils de lord Peterborough , allié de lord Ormonde , que sa grande jeunesse avait éloigné des guerres civiles.

Lord Ormonde , à son dernier voyage , avait remarqué (i) avec douleur peu de concert et d'habileté parmi les chefe du parti royaliste. La suite le prouva. Nulle grande entreprise ne fut formée. A la même époque où Mordant était dé-

(i) A collection of lelters published by Thomas Carte, V. u, p. 14a.

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