LIVRE DIXIÈME
couvertyon conduisit à la Tour Henry Slingsby, qui ayait essayé de séduire quelques officiers de la garnison de HuU, où déjà il était prisonnier, et le docteur Hewet, ecclésiastique vertueux, prédicateur célèbre , fort zélé pour le Roi , auquel il faisait passer des secours d'argent, contribution volontaire des Royalistes fidèles.
La vérité de ces accusations n'était pas douteuse ; mais Cromwell , n'osant se fier à l'indépendance d'un jury, rappela l'usage de cette haute -cour dont les fonctions terribles de^ meuraient suspendues, et comme oubliées ^ depuis plusieurs années. Les plus honnêtes gens de son conseil (i), qui voulaient le servit par des formes légales, peu compatibles âvec l'origine de son pouvoir, s'opposèrent vainement à cette résolution. Cromwell l'épondit aux représentations de Whitelocke , en le désignant pour faire partie de la haute cour :
mais il refusa de siéger, et laissa le déshonneur de la présidence à Lisle, qui avait été l'un des juges du Roi, et qui n'ayant pas eu
(2) Whitelod»'^ lÉeillonals , p. 674.
l8o MISTOIEE VE CROMWJELL.
assez de force d'aine pour rester républicain^ s'était condamné dès-lors à obéir plus que tout autre aux volontés de Cromwell.
^^^7* Les trois accusés, paraissant devant la hautecour, sans s'être concertés, sans se connaître, réclamèrent d'abord le jugement par jury, droit naturel de tout Anglais, invoqué, comme nous l'avons vu, dans le conseil même du Protecteur. Cette puissance des anciennes institutions est un des caractères de la révolution anglaise. Cromwell n'eut pas de plus grand obstacle à vaincre que ces habitudes de liberté , enracinées dans la nation par un long usage , et qui résistaient encore , au milieu de l'usurpation générale du pouvoir. C'était un combat pied à pied qu'il rencontrait par^tout , après avoir gagné l'empire. Le vote de l'impôt le ramena sans cesse à la convocation de ces assemblées dont il aurait voulu se délivrer à jamais , et qu'il brisait avec tant d'impatience et de colère. L'indépendance du jury sauva le hardi Lilburn , l'un des hommes que Cromyrell avait le plus en haine. Elle sauva plusieurs accusés royalistes , entre autres un che-