‹ Histoire de Cromwell (volume 4)Chapitre 120 sur 155 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

Ayant dépéché toutes ces mesures ;'Gromwell se mit en marche trois, jours après: le dépai^t du. Roi. Il avait écrit au parlement pour le rassurer sur cette invasion , et pour se justifier de n'avoir pu la prévenir. Il annonçait que Fai^mée . royale était suivie par Lambert, çt trouNCffaii: sur son passage Harrisson , et le colonel Rich. H promettait de l'atteindre bientôt lui -même, av^ed: ses vieux soldats et le , secours du Seigneur.

Le conseil - d'état avait reçu , Iç 9^ août , la nouvelle de l'entréet de Charles sur le territoire anglais, Harrisson annonçait cette entreprise comme vn acte de désespoir , sans importance qt sans but. Le parlettieatise-hâta cependant de voter toutes les mesures violentes qup le péril inspire dans les révolutions, des levées extraordinaires de milice , le désarmement des mal - intei^tionnés , la peine de mort et la confiscation contre tous ceux qui correspondraient avec Charles Stuart.Rien de plus rapide que les ^ préparatifs- de. défense : en quelques jours, la .campagne fut inondée de milices parlementaire!^. Lord, Fairfax, rap-

3a6 HISTOIRE DK CROMWKLL.

pelé au commandement, parut à la tête d'un corps considérable.

i65i. Charles avançait à grands pâi^ à travers le Lancashire : par - tout il était prodamé Roi d'Aiigleterte, d'Ecosse, de France et iflrktide. Le comte de Dèrby s'était réuni fidèleâ^nt au Roi , qui le renvoya de nouvettu pour %tnàé^ ver les habitante. Le i6 août, le ftoi rêhcontra^ pour la première fois , Pennemi. Lambert . avait rejoint Ham6son pour défendre le pas*sage d'un pont. Le poste Ait empok*tépar les Écossais , qui se pk*écif^tèrent sur les ennemis en mant: «Àh ) misérables, ttouô vous jôîn- €t drons , avant que votre Crottiw^ll tt'àrflve. » Cependant l'armée du Roi ne grossissait pas.

La terreur des décrets parleftientaiMs ihtitâidait les habitants* Uhe ridiiôute isat^ferstifidti presbytérienue nuisit etii^ôre à la ôatt^e if6yak. Le major Masi^ey^ envoyé en àVaftt de rarmée pour recruter des RoyaHstès , reçut ordre des ministres de prodather qn'i! n'enrôletait que des hommes sincereitteht âl'tàchéà au co»^nani. Le Roi s'èmpreifesa de déria^ntt^ cet otâre ; mais le premier enthousiasme éuit détruit ;

LIVRK CIirQUIÈMÊ. 3^7

et Charles , dans la rapidité né^si^re dé son expéditicHi ^ n'dvati; pas letemp» de répanet une &ute. Son ain9ée commençait à de déooti-^ rager. Personne parmi les gënéraïui n'ai'âit loi au succès ; rînfaxitetie était harassée de fatigue; beaucoup de.ccii malheufeuit dése^t^ent. Le jeune Boi aUail.de raag en rang, et iuppliait les soldats de pf endre^ encof e patièfïce qtlel^ ques jours , leur promettant de les c<>tkdtn^e k Landnee. Mais l'épuisenient de l'armée ren<dait cet efSort itupossible; d'ailleurs réfiergié du parlement avait multiplié les obstacles.

Dans cette situation, Charles résolut d*a- Tanœr jusqii'à; Woretester , ville coniridérârMe , remplie dâ ses partisam,et ^ n'était piÉ éloignée de la toute de Londres. Le parlement a^ait établi dan^Worcedterdes autorités nou-^ velles qui tyrannisaietit le comté. Elles s'en*fuirent À l'appffoche du Roi. Presque toute la noblesse ^ que l'on avait emprisonnée par précaution, se trouera bbte et se réunit à l'ancieFf copps munû^val^quiiieprit ses fonctions pour prodamer le Roi. Le maire , les aldermen et les principaux ettoift^ns du pays, vinrent re-*

ceyoir ce prince aux portes de la ville, avec tous les témoignage^ d'un enthousiasmé sincère. ' L'armée , qui manquait de tout , fut nourrie. • et . habillée. On vint s'enrôler en foule. C'était un retour d'bcureufee fortune. i65i. La fatigue ^è l'armée, la situation de Worcester, protégée par une. large rivière et au milieu d'un pays abondant ,,^ déterminèrent Caries à se fortifier dans ^ cette ville. ïAinsi , une entreprise commencée par la promptitude ef: l'î^udace changea de nature ; et Charles , au lieu de jnarcher à Londres, attendit' Cromwéll. :,. .

. Le . brave comte de Derby, surpris par un cojonel républicain , pendant qu'il travaillait à recrute^ du monde dans le Lancashire v perdit &ç^ meilleurs» cavaliers, et arriva à grande peine jusqu'à Worcéster, seul, et blesséj- . Cromwell , marchant avec une extrêiiie rapidité ^ avait rejoint . les difféi'ents ; corps d« Lambert et d'Hafrisson,et approchait de Worçiçsterv Par- tout les '> milices . accouraient sous ses dçageaux ; il arriva -sur Worcéster avec quarante mille hommes de troupes. Au pont*

Page 1