LIVRE PREMIER
et de rap{>eler Charles II. Enfin presque tous les membres du parlement qui prirent les armes pour Charles, avaient, dans ces premiers moments, manifesté la résistance, qui était alors le vœu de l'Angleterre.
Mais il se trouvait aussi dans la chambre des communes d'autres hommes, qui, sous l'apparente unanimité d'une opposition vraiment nationale, cachaient de plus profonds desseins. Le sentiment secret de ces hommes était l'horreur de toute primauté politique et religieuse. Ils ne savaient pas, ils ne calculaient pas jusqu'où irait leur puissance de détruire; mais ils avaient une volonté inflexible et une haine inexorable. Quelques-uns ne reconnaissaient d'autre religion que le déisme. Ce parti, le moins nombreux de toûâ,' se distinguait par la supériorité des caractères. Il comptait quelques âmes stoïques éprises de la liberté à la manière des héros de Plutarque, et profondément indignées de ce qu'elles ap;* pelaient l'esclavage et la superstition de. leurs concitoyens. .Le chef de ce parti était Sidney ; républicain violent et incorruptible plein du /. 3
génie de l'ancienne Rome , il fit la guerre à Charles I®"", comme il eût conspiré contre César.
Des hommes non moins redoutables pour le trône, c*étaient les sectaires, qui croyaient, en sapant le pouvoir de Charles, accomplir une œuvre pieuse, et portaient dans cette lutte l'autorité de leurs mœurs, la persévérance de leur conviction , et la chaleur , de leur enthousiasme. Le plus dangereux de tous était Pym , long-temps exercé dans les affaires et dans les parlements, et mêlant toujours les formes modérées de la dialectique à l'acharnement le plus opiniâtre. Les Anglais vénèrent encore la mémoire de Hampden : mort trop jeune pour avoir eu le temps de se démentir, il laisse douter s'il entra dans la guerre civile par ambition ou par vertu.
Henri Vanes , d'un esprit supérieur , d'une dissimulation profonde, d'une éloquence forte et vive, avait de bonne heure agité et gouverné les hommes par l'enthousiasme religieux. Mécontent de l'église nationale , il était passé à la Nouvelle-Angleterre, le refuge de toutes les croyances. Ses talents le firent nommer