LIVRE SECOND. l3f
de l'armée serait effacée des registres. Ici , dit Whitelocke (i), fe parlement se remit entre les mains de son armée. Elles passèrent le bili d'indemnité pour tous les actes individuels commis depuis le commencement de la guerre; mais l'armée retrouva bientôt' de nouvelles plaintes et de nouvelles demandes.
Après avoir long-temps fermé les yeux sur les intrigues de Cromwell, sans doute par ce sentiment assez naturel qui fait beaucoup hésiter à trouver coupable celui dont la trahison serait trop dangereuse et trop difficile à punir, les communes commencèrent à s'inquiéter.
Suivant quelques historiens^, on proposa' de faire enlever CromWell, et de le conduire à la .ïour. D'autres mémoires rapportent', à ce ^^l^ jet,' une scène fort extraordinaire : Dëlix officiers avertirent un i!nembré des communes; Sir Harbotle 'Grimstone , que , dans une réu*' nion militaire où l'on parlait d^épufer l'armée; Cromwell avait dit «Qu'il était sûr de l'armée; « mais qu'il connaissait un autre corps (c'était
(i) Wbitelocke^a meinorîaU, p. a 5^.
l3a HISTOIRE DE CROMWELIo
a la chambre des communes), dont Tépura- <c tion serait plus néicessaire; et, que l*armée « devait se charger de ce soin. » Sir Grimstone se rendit à Westminster , et , interrompant les débats , il déclara que l'existence et la liberté de la chambre étaient menncée)». il accusa Cromwell d'tin projet d'attentat contre le parlement, et fit introduire les deux témoins qu'il avait amenés, et qui, devant la barre de la chambre, reproduisirent leur déposition. Alors Cromwell se jetant à genoux, adressa une longue prière à Dieu , attestant son innocence et son dévouement à la chambre ; il ^e soumit à la providence de Dieu, , qui jugeait à propos de l'éprouver par le mmisonge et la .çs^omnie. Tout cela fut dit avec une grande véhémence, et accompagné d'^a longent de larmes» Après ce singulier exorde y il ise justifia; il J4istifia 4mis les officiers, « honpriî^ ta petit tt nombre <{im voulaient revenir s/ùr leurs pas <c et rentrer dans la terre d'\$!g^p^. » Enfin, il paria si long-temps ; il toui^a si yive^ient les esprits ; et il avait un si puissant parti dans hx chambre, que l'accusateur vit le moment ou