‹ Histoire de Cromwell (volume 4)Chapitre 50 sur 155 · LIVRE SEGOVB. l · texte numérisé non relu

LIVRE SEGOVB. l

tinelles à la chambre des commissaires du parlement, monta brusquement diez le Roî.

On eut de la peine à lui persuader d attendre jusqu'au jour. '

Introduit le matin près du Roi, il lui dit qu'il avait ordre de Femmener. Le Roi demanda les commissaires du parlement. Joyce répondit , qu'ils n'avaient autre chose à faire que de s'en retourner. Le Roi insista pour voir un ordre , Joyce le conduisit à une fenêtre, et lui montrant sa troupe rangée dans la cour du château : a Voici mes instruc- « tions, dit -il. Le Roi répondit en riant, ce qu'eUes étaient fort nettes et fort expresse sives ; » et il se résolut à partir. Fairfax apprit cette nouvelle par une lettre de Joyce : il en parut surpris, et mécontent. Il semblait d'abord que cet événement , Tun des plus décisifs de la révolution, avait eu - lieu sans ordre et par hasard. Mais, lorsque l'on voit que celte ,entreprij&e inattendue /se rapporte avec le moment où Cromwell quitta Londres, il n'est pas difficile d'en deviner l'auteur. Joyce lui-même déclara, quêtant à Londres, il en

i%6 HISTOlilS VÉ êHOMWELL.

kV9k Wç«i r-ordre de Cromw«U (i); et CMtiiwett , en âirivant à Yûtttkée ^ annoaçft <{de é. t%tu ^iesure n'aviot pas 4Slé prise, lé partes, ment aurait fait enlever le Roi. Cependant I^airfax avait envoyé deux fégitnentè («) et le colonel Whalley, pour arrêta cette violence; et pour engagea le Roi et les commissttit^ft à retourner à Holdenby. Le Roi refusa. FaMSs»

récrivit aux communes, en protestant deVttnt Dieu qu'il n'avait pris aucune part à Tactioh de Joyce. Dans les mémoires particuliers qu'il a laissés, Fairfax parle encore de ee refus «ihgulier du Roi , et il ajoute que Charles lui dit à lui-même : « Monsieur le général , j'ai dans l'armée autant de crédit que vous. » Faudrait-il supposai que ce prinde se fâi avedglé sur sa nouvelle captivité, et que le prix qu'on mettait à la possession de Sa persoime I^i ail paru tenir k l'idée qu'on avait de sa puis^ sanee ? Il est certain que , p^tt* ce ressouvenir de grandeur dont né ^peuvent se défaire les

(i) Memoirs of Denzil lord Holles, p. 96.

(!») Short m^moriab oï ffsnettl Fairfax , p. 1 1 3 ^ x 1 7!

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Bcis oiaUieureBx, Charles, voyant la désunkm du parlement et de l'armée , se persuada qu'il serait iMentot invoqué par les deux partis cenuae nédiateur, et qu'il re{M«ndrait ainsi tout son pouvcnr. Fair£Ki(i) ayant voulu traduire Joyce au conseil de guerre, sentit sa propre faiUesse, et vît que tous les o£Eiciers, par collusion ou par crainte, secon* daseot l'audace des c^tateurs et de leurs che&.

Ce qai détruisit l'autorité de Fair&x , ce ne fut pas seulement l'ascendant et l'habileté de CromweU,mais la trompeuse prétention qu'a^ vait eue le général de maintenir l'équilibre eiytre V Indépendance et le Presbytérianisme ; impartiidité chimérique qui le réduisit à l'impuissance , et lui fit éprouver la plus honteuse nécessité pour xxa chrf de parU; celle de penser avec les uns , d'agff avec les autres , de servir d'instrument à des passons qu'il ne partageait pas, et de détruire la cause qu'il aimait.

(i) Short memorialft of gênerai Fairfax , p. io3.

l38 HISTOIKE DÉ GROHWELL.

Dans ses mémoires miéressants , parce qu'ils renferment . les aveux naïfs d'un honnête homme et d'un mauvais politique , et qu'ils montrent bien, à quels rôles miséraUes sont exposés ceux qui entrent dans les révolutions, avec un caractère au-dessous de leur talent et de leur ambition ,. Fairfax se plaint a de l'abominable hypocrisie et de la fourberie a de quelques hommes qui , d'ailleurs , avaient « concouru à l'heureuse issue de la guerre. » On n'hésitera point à reconnaître , sous ces traits , Ireton et Cromwell ; et lorsique Fairfax ajoute : « Ici .l'honneur de l'armée se tourna « en honte ; ici le pouvoir de l'armée , aucc trefois dans mes mains , fat usurpé par les ic agitateurs, avant-coureurs de la confasion a et de l'anarchie , » on voit idans ce peu de mots l'explication de toutes les condescendances où fyt amené Fairfax , sous le joug d'une démocratie ' militaire et fanatique , conduite par Ireton et Cromwdil.

Cependant le parlement, à qui l'enlèvement du Roi révélait toute l'audace du parti militaire, tenta de donner à l'atroée des satisfac-

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