‹ Histoire de Cromwell (volume 4)Chapitre 75 sur 155 · LIVRE TROISIÈME. ao · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. ao

daient rinviolabilité du Roi , au nom même de ce covenant qui avait commencé tous les troubles. Cromwell (i) écouta leur plainte, et répondit par des arguments tirés de la loi qu'ils invoquaient Us s'étaient engagés , par le covenant j k i^onv^niyve la punition de tous les malveillants et de tous les incendiaires; ils avaient condamné tous ceux qui s'étaient réunis à l'expédition de Montross. Le roi en était la première cause, et partant le premier coupable. Ces raisons devaient avoir d'autant plus d'autorité, que les commissaires écossais, dans leurs préjugés de secte et de parti, chargeaient encore de reproches odieux ce prince qu'ils affectaient de placer sous la protection du covenant. Cromwell démontrait que la fidélité promise par cet acte religieux, n'était plus obligée , depuis que Charles avait voulu détruire la vraie religion. Les vainqueurs n'ont pas de scrupide, et l'on se moque du scrupule des faibles.

A l'approche de la catastrophe qui se pré-

i) Bishop Bumet*s history of his own time, t. x, p. 6a.

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parait, les regards se reportent involontairement sur l'Europe y témoin de ce spectacle si déplorable et si nouveau pour elle. Soit que la situation de l'Angleterre parut la séparer des peuples du continent , soit que le caractère imprimé à sa révolution s'éloignât trop de l'état religieux et civil des autres nations pour effrayer leurs Rois , on ne voit pas que les jHrinces de l'Europe se soient inquiétés en faveur de l'infortuné monarque, ni qu'ils aient rien entrepris pour le sauver. L'Espagne , qui conservait encore en Europe un reste de vieille autorité; l'Espagne, où le pouvoir absolu reposait à l'ombre d'antiques superstitions, ne prit point d'intérêt à ces sanglants, débats d'un peuple hérétique; et son ^ambassadeur (i), don Louis de Cardenas, parut mém:e en toute occasion peu favorable à Gbarles. La France, qu'un lien de famille semblait attacher aux Stuarts , et que ses victoires sur l'Espagne élevaient au premier rang dans l'Europe, était alors livrée aux

(i) Clarendon's history , p. 671.

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guerres civiles de la Fronde. Le Roi , enfant , était sorti de sa capitale révoltée ; et le parlement avait proscrit Mazarin. Ces nouvelles arrivaient à Londres au moment même où $e préparait le régicide; etWhitelocke (i), en racontant les commencements du procès de Charles, a soin d'y mêler plusieurs fois ce tragique contraste des troubles qui éclataient alors en France. Mais, dans cette guerre ci* vile de la Fronde , œuvre d'imprudence et de vanité, il n'y avait rien de la conviction ard^ate , inexorable , qui conduisait lie Roi d^ Angleterre à l'échafaud. Le peuple de Paris n'était alors mis en mouvement que par des passions, de Cour. Ces troublés intérieurs détournaient cependant la France d'une intervention que jamais la politique de Mazarin n'eût rendue fort pressante. L'ambassadeur de France fit au parlement quelques vaines représentations. A la même époque, la Reine d'Angleterre, réduite (a), dans Paris, à la plus rigou-

(i) Whitelocke's memorîals, p. 363, 367.

(a) Mémoires du cardinal de Retz , y. i , p. 296.

ao8 HISTOIRE DE CROMWHLL.

reuse pauvreté , recevait un modique secours des mains du cardinal de Retz , qui conduisait la rébellion , et que l'on accusait de vouloir apprendre au parlement de Paris l'audacieuse politique du parlement d'Angleterre. Les puissances du Nord (i) paraissaient plus indifférentes encore à la destinée de Charles ; et la libre philosophie de Christine, souveraine absolue , ne se scandalisait pas du triomphe de la révolution anglaise. Une république nouvelle, la Hollande, intervint en faveur de Charles avec un zèle inutile. Clarendon , en accusant la froideur des souverains, s'indigne de l'empressement de leurs ambassadeurs , à recueillir les dépouilles des palais de ce malheureux Roi , mises à l'encan après sa mort; et il reproche (2) au luxe fastueux des Rois de l'Europe , d'avoir ainsi fourni des secours au parlement et au pouvoir de Cromv^rell. Cette tragédie de la mort de Charles I*', fut conduite par des ressorts secrets , et jouée

(i) Clarendon's history , p. 671.

(%) Idem,

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