LIVRE TROISIÈME. aOQ
par des fanatiques qui, la plupart, croyaient faire une œuvre sainte. En lisant les détails de la condamnation que subit, quelques années après, le solliciteur - général Coke, qui, chargé de porter la parole contre Charles, semble avoir plus de part dans le crime que les juges ; on voit que cet homme était dominé par une imagination ardente et mystique. Milton, le plus éloquent des fanatiques, a tracé un magnifique portrait dé Bradshaw^ président de la Haute-Cour. L'histoire ne peut reconnaître en lui qu'un dur légiste, qu'un impitoyable sectaire , instrument d'une po- Utique qu'il ne comprenait pas. On a répété plus d'un<e fois que Charles, ayant récusé la juridiction de la Cour, ne se défendit pas contre l'accusation même. Mais aucime réponse ne pouvait être plus forte et plus légale que ce seul mot du Roi (i) : Je ne vois pas ici de chambre des pairs , et daiU leurs je fais moi - même partie du parle-^ ment. Ce ixxt le 20 janvier que Charles pa-
(1) Procès de Charles I", p. iS.
îlIO HISTOIRE Dï CROMWELL.
rut pour k première fois devant ses juges.
Le lendemain , Cromwell , Ireton , et les autres commissaires , observèrent un jeûne à White-Hall. Ils entendirent les prédications de trois ministres. Hugh Peters , l'un de ces fanatiques , avait pris pour texte ces mots de l'écriture : « Enchaînez vos Rois, et mettes vos nobles dans les fers » ; et la véhémence avec laquelle il montrait les Kois punissables, comme les autres hommes (i), fit plus d'une fois sourire Cromwell.'
Tandis qrie les plus furieux prédicateurs étaient déchaînés contre le Roi , un comité , où se trouvaient Ireton et Cromwell , -ftit chargé de faire saisir la réclamation des ministares presbytériens en faveiir du Roi. La chambre dés communes inspirait et secondait en tout la Haute -Cour. Pendant le procès, elle abrégeait ses séances , pour donner à ceux de ses membres qui étaient commissaires de la Haute -Cour, îe temps d'assister aux deux assemblées.
(i) Exact narrative of the trial of the régicides, p. i68.