‹ Histoire de Cromwell (volume 4)Chapitre 77 sur 155 · LIVRE TROISIÈMB. 2IJ · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈMB. 2IJ

Le %^ et le 23 janvier, le Roi reparut en présence de ses' juges. Il éprouva toutes ces humiliations haineuses, que l'esprit démocratique se plaît à verser sur la grandeur abattue. Le président Bradshaw l'interrogeait avec 1648. toute la dureté de son fanatisme. Cependant 1649. il affeet^ de loi conserver le titre de Bx>i. Contredit , intentnnpu , gêné dans sa défenset Chairles montra beaucoup de force d'ame ^t d'éloquence, et il étonna ses juges pay son inflexibilité à méconnaître l'autorité de leui^ tnbut^al.

Le Roi oe fut ramené devant la Haute*CouF, que pour entendre la lectui^e du jugement Qn fit l'appel des }^e%y qni se trouvèrent rédu\t$ au nombre' de. soixante^ix. Lorsque le nom de FaîrfiDK; fut prononcé 9 une voix répondit : // a trop desprit pour être ici. Au moment où Bradshaw parla de l'accusation intentée au nom du peuple anglais, la même voix , partie d'une tribune, s'écria : Pas la dixième partie du peuple. On ordonna de faire feu sur cette tribune. Cette voix était celle de lady Fairfax.

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La volonté des Rois , au lit de la mort , à d'ordinaire peu d'autorité sur l'avenir. Charles, qui touchait à l'échafaud, Charles, au moment de recevoir sa sentence de mort, essaya d'assurer les droits héréditaires de son fils.

On voit (i) , par les mémoires de Ludlow, que ce projet présumé inquiéta beaucoup les Républicains; et l'on ne peut douter que le Roi n'ait essayé de l'accomplir dans cette dernière séance, lorsqu'il demanda la liberté de présenter, devant les lords et les communes , une proposition sur un objet qu'il ne désigna point , mais qui intéressait le repos du royaume. Malgré les insolentes répUques que Bradshaw fit à cette prière, la Haute-Cour, par une certaine pudeur, n'osa point refiiser de délibérer sur la dernière demande du Roi. Elle passa dans la salle des gardes, où l'un des membres , M. Brown , conjura ses collègues d'accorder au Roi la faculté qu'il demandait. Cromwell (2) repoussa cette opinion avec ou-

(i) Ludlow*s memoirs, v. i, p. a8o.

(2) Exact nan^ative of the trial of the régicides, p^ x6S,

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trage ; il pressa la Cour de faire son devoir^ sans se tourmenter davantage. Durant le reste du débat , il témoigna son impatience par un sourire de pitié, et des gestes de dérision.

La demandé du Roi ayant été promptement écartée , le président rentra dans la salle ; et après une longue harangue , il déclara Charles traître , tyran et meurtrier ; il fit lire la sentence, et tous les membres se levèrent en signe d'adhésion. Lorsque Ton recueille les détails de cet afireux moment où Charles, déchu de sa dernière espérance, est entraîné loin du tribunal auquel il adresse encore des protestations entrecoupées, on a devant les yeux le plus triste exemple des catastrophes humaines. Pour les âmes un peu élevées , il n'est pas de plus intolérable image que cette dégradation de la puissance et de la vertu, tombées si bas que l'on craint de leur faire une dernière injure , en leur accordant toute la pitié qu elles inspirient.

A la sortie de Westminster , le Roi fut poursuivi par les cris insultants que poussaient des soldats apostés» « Pauvres gens , dit-il , pour

2ll4 HISTOIRE DU CROMWELL.

<f un peu d'argent, ils en feraient autant à « leurs chefs. » Quelques-uns de ces misérables lui ayant craché à la figuk^e, il ne répondit que par le nom de son Dieu , qui avait subi le même outrage. Avant de se Aéparer, la Haute-Cour avait ûxé l'exécutioft èê la sentence au 3o janviw. Un si court délai ne permettait aucune tentative Esivorable» Dans la stupeur où la nouveauté d'un tel attentat jetait tous les esprits, l'ambassadeur (i) de Hollande obtint seul une audience extraordinaire, dans laquelle il fit au parlement des représentations inutiles.

Oïl a dit que d'âtttres eflforts avaient été tentés auprès de Cromwell. Un colonel, son parent, Sir John Cromwell, pénétra jusqu'à lui, le lendanâin die la sentence, et retraça vivement à ses yeux l'horreur du crime qui se préparait Gromwell, alléguant le vcêu de l'armée, la volonté visible de la providence, et ayant ajouté qu'il avait lui-même prié et jeune en faveur du Roi, mais que le ciel n'a-

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(i) The'Parliamentary history, v. xviii, p. 5 4 5.

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