‹ Histoire de CromwellChapitre 100 sur 222 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

emploie. Un homine tel que Cromwell ne dépendait pas.de ceux dont il avait le plus besoin ; la suite le montrera , par la facilité avec laquelle il remplaça les appuis de son pouvoir. Au reste ^ Thurloe , dépositaire de toute Tadministration de Cromwell , a laissé ^ dans un volumineux recueil , les renseignements les plus instructifs sur cette époque., quoiqu'on y trouve , malheureusement pour la curiosité du lecteur, beaucoup moins de détails secrets que de pièces publiques et officielles.

Une déclaration de Cromwell annonça le 30 avril rétablissement de ce conseil , nécessaire pour administrer l'état, jusqu'au moment où des personnes d'une probité et d'une fidélité reconnues , seraient réunies de toutes les parties de l'Angleterre, et appelées à la suprême autorité. Attentif à flatter l'esprit de la nation par l'espérance prochaine d'un nouveau parlement , Cromwell ne voulait pas même rester seul chargé du court intervalle qui devait y conduire.

[1653.] Cette convocation tant promise , se fit le 6 juillet de la manière résolue par le conseil des officiers. C'était une invitation personnelle adressée à domicile dans les divers comtés. Il n'était pas question dans cet acte des droits et de la souveraineté du peuple , mais seulement de la nécessité de confier le poids des afi^aires à des personnes fidèles et craignant Dieu. Ce n'était plus un pouvoir, mais une fonction; et les députés, au lieu de représentants, n'étaient que des personnes désignées. Le texte de la lettre qui tenait lieu du mandat populaire , mérite d'être cité. « Ayant assurance, tt écrivait Cromwell , de votre amour et de votre zèle pour « Dieu et pour les intérêts de cette cause ^ et du bon peuple « de la république, moi Olivier Cromwell, capitaine-géné- « rai de toutes les forces actuelles et à venir de la République, «je vous avertis et requiers, comme étant une des person- « nés nommées , de vous présenter à la chambre du conseil « à White-Hall , dans la cité de Westminster, le 4 juillet

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Cette étrange violation des droits populaires , ces tenta* tives si hardies étaient favorisées par des succès extérieurs que Cromwell n'avait pas préparés , qui même étaient dV bord dirigés contre ^ sa grandeur, et qui maintenant servaient à lui donner de l'éclat ef de Tautorité, parce que toute chose tourne au profit de celui qui a osé se faire le maître* €romwen héritait de cette puissance maritime si rapidement élevée contre la sienne, et de cette gloire que fon avait opposée à celle de son armée. Malgré les espérances de paix qull avait données à la Hollande , dés qu^il se vit le successeur du parlement, il ne se montra ni plu^ traitable ni plus facile que cette assemblée pour les plénipotentiaires hollandais.

Les commissaires de la marine , nommés par le parleipent , avaient continué d'agir avec tant de zélé , qu'une nouvelle flotte sortit bientôt des ports de FAngfeterre. le mouvement sublime , que le génie de Blake avait communiqué à la marine anglaise , se perpétuait comme de lui-même.

Gromwetl , jaloux de ne laisser aucune interruption dans la gloire de T Angleterre, employa sans crainte^ et favorisa de toute sa puissance le zèle patriotique du comité de marine, composé de ses plus grands ennemis. L^argent nécessaire fut assuré par une prolongation de taxe, que le général établit de sa propre autorité. Mais il eut soin de faire associer à Blake , dont il connaissait ta noble indépendance,

* Lndlow^ memoîrs, t. n, p. CÙ.

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