‹ Histoire de CromwellChapitre 101 sur 222 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

le vice-amiral Dean , amim marin, él^é par 960 haUIMé et son Gonrage, et qui n'avait d'antre politique que l'obéir sance; et lé général Monk \ qull regardait comme sa créa* ture , et qni , vainqueur dans plusieurs combats maritimes, était devenu amiral avec cette rapidité d'éducation et de succès , commune dans les temps de révolution. Le 2 juin cette Sotte rencontra Fescadre hollandaise, forte de cent quatre vaisseaux, et commandée par Tromp, Huyter et Everflfon/ tous ces vieux amiraux, exercés par tant de victoires, et véritables fondateurs de la liberté des Provinces-Unies. Dans ce premier combat, livré près des cétes de Flandre, I>mk fut tué d'un coup de feu, et la flotte hdlandaise , vivement poursuivie , se retira vers le TexeL Le lendemain les AngtaMs reprirent le combat avec plus de succès encore; ils coulèrent à fond six vaisseaux de guerre , en prirent un plus grand nombre , et firent prisonniers l'amiral Ëverson et plusiedrs capitaines. La fk)tte boltandaise vint se réfogier entre DM^ kerque et Calais, à l'abri du sable des dune», où le^ gpm vaisseaux anglais ne pouvaient s'engager sans péril. EtfeéMt cependant commandée par de grands hommes; mais mv la flotte anglaise il semblait que le dernier matelot fût mitiit d'nn esprit de patriotisme et d'enthousiasme, crise passa^ gère, mais toute puissante, pendant qn'eMe €hn*e, et qne rien ne saurait ni remplacer ni vaincra.

Le conseft-d'état fit rendre de grands honneur» I la mé^ i!m)ire de l'amiral Dean; son corps fut enseveli danâ Westminster, an milieu d^une pompe funèbre, que suivaient totie les officiers et Cromwell lui-même ^

Le conseîl-d'état recommanda la célébration d'un jour d'actions de grâces dans un langage mystique , plus chargé de termes de l'Écriture sainte que de coutume. Cet écrit,

' Monk whom he called out of Scotland as bis owa créature, Clarendan'ê history, p. 644.

' Whitelocke's memorials , p. 533.

228 fflSTOIRE DE CROMWELL.

contresigné Thurloe, secrétaire du conseil, se terminait par des allusions à la prochaine assemblée. « Ce que nous « désirons le plus du fond de nos cœurs , c'est l'établisse- «c ment et la concorde de ceux qui craignent le Seigneur; « c'est que cette nation acquière la conviction de l'œuvre « du Seigneur au milieu de nous. »

Cromwell avait passé huit jours dans un travail secret avec son conseil, pour fixer le choix des membres appelés à cette singulière réunion, à laquelle il paraissait vouloir transmettre le pouvoir suprême. Jusque-là il exerçait toutes les fonctions de la souveraineté. L'Ecosse et l'Irlande, ou plutôt les armées anglaises qui les occupaient , avaient reconnu sa puissance. Les impôts étaient levés et continués par ses ordres. Il nomma les juges destinés à faire le circuit pour les assises de cette année. Les adresses de plusieurs corps , et de différentes sociétés de saints et d'élm qui couvraient l'Angleterre ^ ne renfermaient qu'une adhésion sans réserve au pouvoir du général Cromwell. Son nom remplaçait pour beaucoup de fanatiques toutes les libertés qu'ils avaient cherchées avec tant d'efforts. Sa fortune leur paraissait l'œuvre de Dieu , et sa puissance une démonstration de la justice de sa cause. Les victoires , si belles et si récentes , que les flottes anglaises avaient obtenues depuis la destruction du parlement, flattaient l'orgueil de la nation, et n'étaient plus attribuées qu'au génie de Cromwell, qui remplaçait avec tant de gloire ceux qu'il venait de chasser avec audace. Ce fut sous de tels auspices que s'ouvrit la nouvelle assemblée.

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