‹ Histoire de CromwellChapitre 102 sur 222 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

ArgUMnenU

Réunion de la nouvelle assemblée. — Discours de Cromwell à Touverture dé la session. — 11 présente un acte constitutionnel. — Fanatisme de cette assemblée. — Elle prend le nom de parlement; elle veut détruire entièrement Tautorité du clergé ; elle entreprend la réforme des lois. — Continua* tion de la guerre ayec la Hollande ; nouvelle victoire de la flotte anglaise.

— Mort de Tamiral Tromp.— Les états-généraux de Hollande recherchent la paix.— Le parlement s^y oppose par fanatisme. — Impatience de Crom^ well ; il prend la résolution de supprimer rassemblée. — Elle abdique ellemême son pouvoir entre les mains du général. — Harrisson et quelques autres membres protestent contre cet acte. — Cromwell réunit un conseil d^ofiBciérs, et se fait donner la dignité de Protecteur.— Cérémonie de son installation.— Nouvelle constitution promulguée sous le titre d^Instrumen( d*état. — Promesse de rétablir une chambre des communes avec le nom de parlement.— Pouvoir du conseil-d^état et son influence sur les élections. -*- Reconnaissance du protectorat par Tarmée; adresses des divers corps.

— Dispositions de TÉcosse et de Tlrlande. — Opposition inutile du lieute* nant-général Ludlov^. — Conduite de Cromv^ell envers les di£Pérentes sectes.

— Son autorité est reconnue par les principales puissances de TEurope.

— Paix glorieuse avec la Hollande. — Conduite de Cromwell envers le Portugal. — Voyage de Henri Cromwell en Irlande.

k manièpe dont le nouveau parlement était choisi, semblait assez indiquer ce qu'il devait être, et ! comme le général n'avait adressé ses lettres de convocation qu'à cent quarante personnes, on serait tenté de croire qu'il lui était facile de placer à coup sûr des nominations si peu nombreuses. L'expérience prouva le contraire, et ferait supposer que la révolution d'Angleterre avait été trop consciencieuse, ou peut-être qu'elle n'était pas assez avancée, pour que l'on pût en tirer des soutiens du despotisme. Cette assemblée de 1653 a été fort diversement jugée : mais il est manifeste par l'événement et par l'aveu de

tous les historiens ^ qu'elle se montra opposée à Cfom#etl, dont elle était l'ouvrage, et qu'elle revendiqua les droits du peuple avec autant de courage que si elle était sortie d'une meilleure origine. Clarendon ^ avoue qu'on 7 comptait plusieurs personnes de mérite et de considération : et Whitelocke * s'étonne que beaucoup de membres de cette réunion étant distingués par leur rang et leurs lumières , ils aient pu se résoudre, sur une semblable convocation, à prendre l'autorité suprême, qui leur était conférée par de teUdS mains , sans songer combien Gromwell avait peu dis 9H)it pour la donner, et eux-mêmes pour la recevoir. Sans doute, ils pensèrent que toute concession d'un despote était iitile et légitime pour le combattre.

D'autres témoignages, et la liste mente de dëtt^ assëfoi)lée , prouvent qu'on y avait introduit beaucoup d'hommes d'une condition obscure, d'artisans, de gens de iriétiéi^, inconnus dans les comtés et dans leurs propres villes , et recommandés seulement par ce don de la prédicatioh et de la prière ^ que le fanatisme avait rendu fort commun , et qui était descendu dans les plus basses conditions, jusqu'aux hommes les plus grossiers, en qui l'ignorance faîséit ressortir l'œuvre de Dieu. Tel était un corroyeur de Londres, appelé Barebone , qui s'était donné le surnom de loumugê de Dieu. Car c'était l'usage des fanatiques du temps^ itë joindre à leurs noms des expressions de l'Écriture , oii d'f substituer des noms de patriarches et de saints de rAnèles Testament, comme on a vu ailleurs les plus obscurs démo-^ crates se transformer en citoyens de Rome.

Le ridicule choquant, même dans un temps de fanatisme^ servit à affaiblir l'autorité de quelques hommes fermas et éclairés. Un troisième parti dans cette assemblée était un composé de quelques créatures de Cromwell, de quelques

' Clarendon^i bûtofy, p. 6iâ.

* Whitdocke^ memorials, p. 534.

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