‹ Histoire de CromwellChapitre 110 sur 222 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

d'obstacles. La plupart des ennemis de Gromwell convinrent que son pouvoir était inévitable ^ et se consolèrent par les restrictions qu'il paraissait y mettre, et par la promesse d'un parlement. Le peuple était las et étonné. Beaucoup d'hommes qui s'étaient soulevés contre la royauté crurent avoir gagné quelque chose en retombant sous un pouvoir électif et temporaire ; ou plutôt, ils se déguisèrent ainsi leur faiblesse et le honteux oubli de leurs principes. Ce fut le sophisme que l'on répéta le plus dans quelques écrits publiés pour soutenir le nouveau gouvernement. Dans un de ces pamphlets ^ , qui fut traduit en latin , et adressé aux cours étrangères, on établit que l'autorité du Protecteur sort originairement et virtuellement de la volonté du peuple, ce qui est le plus grand signe de la liberté publique; comme si cette volonté avait existé ; comme si la chambre que Gromwell chassa par la violence avait reconnu son pouvoir ; comme si la chambre, qu'il nomma par sa seule volonté, avait pu lui transmettre un titre qu'elle n'avait pas. L'auteur de cet écrit, après avoir avancé que, par la nouvelle constitution, tous les grands actes de souveraineté émanent du peuple , en vient à l'éloge de Gromwell : « Quant «c à celui ^ que le Seigneur a mis en avant, et élevé sur nos « têtes pour être notre suprême magistrat, nous en parle- « rons peu, parce qu'il ne cherche pas la gloire des hom- «mes. Nous pensons seulement que même les ennemis « reconnaîtront digne de régner l'homme dont le Seigneur <t a daigné se servir dans l'œuvre glorieuse de la liberté de « son peuple, car nous oserons dire (en pesant toutes les « circonstances à la fois) que jamais cette nation n'avait été « réellement libre, et n'avait, sous aucun rapport, joui de « sa liberté aussi pleinement qu'aujourd'hui ; de ' manière « qu'il ne manque plus que de nous rallier de cœur au gou-

* Casse of Uie common-weaith , p. 37.

u vernement) pour détruire toutes les espérances de Teo* « nemi commun et pour compléter notre bonheur. >» Telle était) en effet, l'étendue de liberté dont jouissait rAngleterre, que personne ne répondit à ces ridicules so« phismes.

Le premier acte du Protecteur et de son consefl fiit ià maintenir en place les Juges, les magistrats municipaux, et les officiers de Famirauté. La proclamation qui annonçait cette mesure provisoire parut presque aussitôt que la nouvelle de l'élévation du Protecteur, et contribua^ sans doute, à rendre l'obéissance plus facile et plus empressée. Les adresses et les félicitations se prolongèrent pendant plusieurs mois ; il en vint delà part des comtés, des corporations, des grands jurys. Mais une des premières, et la plus impor* tante , Ait celle de la flotte illustrée par tant de victoires. Les hommes qui la commandaient étaient ou des créatures de Gromwell , ou des marins étrangers aux spéculations de la politique, et qui mettaient leur patriotisme à vaincre et à obéir : ils se soumirent sans peine.

La partie de l'Ecosse qui avait été conquise et qui était encore occupée par les troupes de Cromvvell , ne pouvait offrir ni résistance ni volonté. Lé nom du Protecteur fut immédiatement proclamé dans toutes les villes. Les montagnards, trop pauvres et trop simples pour être découragés par les maux de la guerre], et par l'exemple de la soumission générale , continuaient de harceler les garnisons anglaises. Mais ne recevant plus aucun secours extérieur , ils eurent presque toujours le désavantage ; et Monk, depuis la fin des hostilités maritimes , étant venu reprendre le commandement militaire de l'Ecosse, réprima bientôt toutes les rébellions, autant par sa cruauté que par sa valeur.

L'autorité du Protecteur rencontra plus d'obstacles elû Irlande , non qu'il fût au pouvoir de ce malheureux pays d'opposer quelque résistance; mais le lieutenant-géliéral

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