‹ Histoire de CromwellChapitre 123 sur 222 · LIVRE HUITIÈME. S · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. S

Cependant la diambre, après plusieurs mois de discnssion, avait admis, avec peu de changements, les vingt-quatre premiers articles de Finstruments d'état; et, du reste, elle n'était intervenue dans l'administration que pour ratifier quelques nominations faites par le Protecteur. Le vingtcinquième article fixait un intervalle de vingt jours, au-delà duquel les bills deviendraient lois sans autre sanction , s'ils ne contenaient rien de contraire aux choses dans lesquelles le parlement jugerait convenable d'accorder au lord Protecteur un vote négatif. On discuta vivement sur cette obscurité : les Républicains , en laissant la substance et l'équivoque de l'article , triomphèrent d'obtenir la suppression du titre de lord Protecteur, qu'ils remplacèrent par le mot é^individu.

Mais quelques jours après, on décida que Yindividu qui partageait le pouvoir avec le parlement aurait le titre de lord Protecteur. C'est ainsi que l'opposition courageuse, mais comprimée de toutes parts , s'épuisait en ai^ties fort «muyeuses pour Cromwell et pour le lecteur, et que je ne suivrai pas plus longtemps.

Pendant la durée de cette session mourut la' mère du Protecteur, femme estimable, étrangère à la politique de son fils , recevant sa grandeur nouvelle avec simplicité et inquiétude. [1654.] CromweU, qui lui prodigua toujours les égards et les soins du fils le plus respectueux, l'avait logée dans le palais de White-Hall. Il la voyait assidûment, l'écoutait avec soumission, mais sans rien changer à ce qu'il avait résolu. Elle le supplia vainement d'épargner les jours du roi. Moins heureuse qu'efi^rayée de la fèrtune de son fils, elle avait besoin chaque jour d'être rassurée par sa présence; et l'on raconte que depuis cette élévation, qui suscitait tant d'ennemis à Gromvi^ell , elle ne pouvait entendre le bruit d'une arme à feu sans tressaillir et sans s'écrier : Mon fils est mortl C'était le cœur de cette tendre mère qui

expiatt les criims da Cr^mwall, En mpiarast, elle le prîa de ne peis loettre de faste dans ses funérailles, et de ne lui aeeprder qu'qne sépulture modeste. Mais Cromwell, uégli** geaat eette prière par tendresse ou par des ¥ues politiques | ordonna la pompe funèbre avec beaucoup de magnificence, et ftt enti^r#r sa mère dans l'abbaye royale de Westminster.

On remarqua le nombre prodigieux de flambeaux fui fureiU portés a b cérémonie; et ee grand appareil, aitssi contraire à h simplieité républicaine ^ qu'à la réforme religieuae, eboqna beaueoup les mm de la liberté.

le Froteoteur, depuis l'impérieux avertissement qu'il avait adr^sé à la ebembre, n'avait pas paru dans cette asr senAlée , dont il laissait les actes s'accmniiler , sans le^^ donner ni sanction ni refus. Il se trouva d'ailleurs retew çielque temps dans son palais, par les suites d'un accident qui faillit lui coûter la vie. Parmi les félicitations et les bom* mages que hii attirait sa dignité nouvelle, il avait r«cu en présent, d'un prince d'Allemagne, un attelage de six ehCK vaux, remarquables par leur vitesse et loir beauté. Étant allé seul ' avec Thurloe faire une promenade à Hyd#-PaH^» dans une votture légère, traînée par eesçhevaux étrangers, après fftiie amusé quelque temps de leuir rapide ittnre , H lui prit ftataisie de les gmder lunnéme. Il laissa Tbprtoe dans la voiture et prit la place du oodier, « ne erojant paSt K dit Ludtow , tpi'ii fttt pins difficile de conduire quelques « dievaux que de mener trois nations. » Mais les ebevaiix, vift et indociles sons la main de leur nouveau condueteur, s'effivoochèrent et emportèrent la voiture, qui fut bienfAt renversée. Bans eette diute , un pistolet que portai Crovfh well , fit feu , sans le blesser lui-même. On releva le Proteo* teur, étourdi et meurtri de sa chute , mais moins Maltraité que Thwloe.

■ Ladlow*8 memoirs, v. II, p. 446.

* Thitriée^s state papen, t. H , p. aSS-^Sfi.

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