‹ Histoire de CromwellChapitre 126 sur 222 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

ciers. Monk, fidèle exécuteur des ordres de Cromwell, loi envoya quelques vers trouvés dans les papiers du colonel Overton, et qui, sans doute, étaient peu respectueux pour le Protecteur; ils commençaient ainsi : « Qu'est-ce qu'un « Protecteur 7 Un signe de roi, un César de tragédie, repré- «c sente par un paysan. » Il n'y eut jamais d'autres preuves de cette conspiration. Il est probable qu'elle se bornait au mécontentement de quelques Républicains, qui se plaignaient trop hautement pour conspirer, mais dangereux par leurs talents, leur audace, et l'exemple de la haine qu'ils portaient à Cromwell. Overton citait, pour sa défense, les expressions de Gremutius Gordus, condamné sous Tibère ^ : « On accuse mes paroles , tant mes actions « sont innocentes. »

La brusque dissolution du parlement augmenta beaucoup l'indignation et la hardiesse des Républicains ; [1655] mais Cromwell méprisa toutes ces haines, et se mit au-dessus par sa vigilance et sa rigueur. Un major Wildman , Républicain violent, qui avait été chassé de la dernière chambre par une exclusion personnelle, fut arrêté, lorsqu'il dictait à son valet une proclamation au nom du peuple de P Angleterre y rétmi sous les armes , contre le tyran CromtDell. Gromwell fit également arrêter le lord Grey de Groby, le colonel Harrisson, et plusieurs autres officiers, suspects par leur inaction sous le protectorat, après avoir toujours servi le parlement. La Tour de Londres , dont la surveillance était confiée à Barkstead , l'un des juges du roi, se remplit de prisonniers d'état. Républicains et Royalistes. Gromwell en fit amener plusieurs à White-Hall, et souvent les interrogea lui-même '. [1655.] Mais la rigueur des supplices fut réservée tout entière pour les royalistes, qui tentèrent à la même époque une conspiration assez

■ Thurloe^s state papers, v. lY, p. 67.

* CromweUiana, p. 153.

ttendtte pour être dangereuse , si la trahison n*en avait pas miê tous les ressorts dans la inain du Protecteur. Depuis linéique temps Charles II voyait , dans les agitations intérieures de FAngleterre , des espérances et des probabilités favorables, que redoublait le souvenir même des malheurs de sa famille. Il lui semblait qu'un pouvoir usui*pé ne tiendrait pas contre ces attaques parlemeùtaires, qui avaient été si funestes au trône. Les vigoureuses résolutions de Cromwell, et la différence des temps, rendaient ce parallèle fort trompeur. Charles n'en avait pas moins jugé le moment venu d'agir par la foroe. Ludlow ^ reproehe à ee Jeune prince , d'avoir trop aisément risqué le zèle de s^ amis dans une lutte inégale. Mais il faut d'abord se reporter aux illusions naturelles du malheur et del'eiil; tout fait croire ensuite que Charles fut servi au-delà de ses vo&ux, et que l'ambition particulière précipita beaucoup d^ehtreprises imprudentes et mal concertées. Un grand nombre de Jeunes gentilshommes , qui avaient suivi le roi , passèrent en Angleterre. Leur chef était ce Rochester, si célèbre sous le règne de Charles II par ses mœurs briUantes et corrompues. «( Ils avaient des commissions pour lever des troupes, « dit Ludlow • ; ils s'engagèrent contre une armée victo- « rieuse , commandée par un chef qui disposait de là bourse « de l'état, pour acheter partout des intelligences. » L'or de Cromwell avait gagé des traîtres jusque auprès de là personne du roi; un serviteur particulier de ee prince correspondait avec Thurloe. La conjuration royaliste tat livrée avant que d'être commencée. On trouve à ce sujet, dans les Mémoires du temps , de ces détails qui montrent les dernières bassesses de l'humanité : un jésuite, confident de toute l'entreprise, dénonça son propre frère, porteur d'une commission du roi pour lever un régiment. Le Protectetir

> Ludlow^smemoirs, V. U,p. 513.

* Jbid.

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