‹ Histoire de CromwellChapitre 13 sur 222 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Messait Forgueil de sa famille, réveilla son génie turbulent : il se livra sans réserve à Famitié séditieuse de Pym ; et la colère lui rendit tout son fanatisme , comme un instrument de vengeance. D'autres noms déjà célèbres suivaient le même parti, distingué par l'éloquence et le génie politique. U y avait aussi un nombre d'hommes ardents et médiocres , qui devaient s'élever et dominer, à mesure que la révolution avancerait , par cette loi qui condamne un parlement novateur à subir le joug des opinions violentes , après avoir été emporté par les grands talents. C'était parmi eux que se formait la secte naissante des indépendants, et que se ca* chait encore un homme supérieur à tous les partis comme au sien , Cromwell , parvenu è la chambre des communes par d'obscures intrigues , et n'apportant au milieu des ora* teurs du peuple anglais qu'un extérieur vulgaire , un débit inculte, un langage pénible et fastidieux. Cependant, lors* qu'il vint siéger dans la chambre, Hampden, le montrant à quelques députes, qui s'étonnaient de la négligence de ses vêtements et de la rusticite de ses manières , leur dit : « Ou <t je me trompe, ou cet homme, si mal vêtu et de si pauvre •c apparence, sera l'un des grands hommes de l'Angleterrcj» [1640.]

Le moment de vérifier cette prédiction , la guerre civile, 0p[«'ochait par la faiblesse du roi et par l'emportement.des communes. Dès que les débats de la chambre commencèrent à tourner en attaques personnelles contre le roi, Cromwell se fit remarquer par l'amertune de son langage. La reine , catholique et toute puissante sur l'esprit du roi, était principalement en butte à la haine des sectaires, et les amusements les plus innocents de sa cour servaient de prétexte à leurs pieuses diatribes. Un domestique de Prynne , député presbytérien , fut arrêté pour avoir répandu des libelles , ou cette princesse étgiit accusée de danser et de jouer la comédie. Cromwell s'en plaignit à la chambre,

et fit ressortir avec véhémence cette arrestation arbitraire *. C'était son début dans l'assemblée; il parlait sans aucun art; sa voix âpre et mordante était pleine de passion , et se fit écouter sur un sujet, que la disposition des esprits rendait d'ailleurs très populaire.

Dans une autre discussion relative à des libéralités faites par la reine * , Gromv^ell montra la même violence , et s'emporta jusqu'à^ l'outrage , sur quelques objections de lord Manchester, qui cependant était ennemi de la cour, et qui, peu de temps après, commanda les troupes du parlement contre le roi. Gromwell dès lors montrait sa haine et sa politique par ce mot qu'il répéta plusieurs fois : u Je (c sais bien ce que je ne veux pas ; je ne sais pas encore ce « que je voudrais. »

Cependant les communes avaient dispersé le ministère du roi; et, s'attachant à la poursuite de StrafiFord, le soutien et l'ami de Charles , elles l'accusaient à la barre de la chambre des pairs. Une anecdote, rapportée par Whitelocke, fait connaître que cette fureur n'était pas dégagée de tout intérêt personnel. Le roi parut disposé à ramener, par des faveurs excessives , les membres les plus dominants des communes , et les plus implacables accusateurs de StrafFord. Pym devait être chancelier de l'échiquier; Holles, secrétaire d'état; Hampden, gouverneur du prince de Galles. Cette promesse ne s'étant pas accomplie, l'accusation fut renouvelée avec plus d'anîmosité que jamais ; et, malgré la sublime et touchante apologie de StrafiFord , malgré son innocence , il fut condamné à perdre la vie. Les communes avaient passé si promptement de la résistance à l'agression , que , renversant une des bases de la constitution anglaise, elles rendirent un acte pour se déclarer assemblée permanente. Ce bill fut présenté au roi en même

' Warwick*8 memoirs , p. 247.

» The life of lord Clarendon, writlenby himself, v. I, p. 91.

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