‹ Histoire de CromwellChapitre 136 sur 222 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

Argameiit*

CromweQ eit obligé de convoquer une nouvelle assemblée. ~ Coup d*œU sur la situation des trois royaumes. — Conduite de Cromwell à Pégard de Ludlow. — Élections. — Cromwell fait exclure un grand nombre de membres nommés. — Suppression des majors-généraux. — Cromwell songe à prendre le titre de roi. — Opinions des différents partis. — Premières tentatives Alites à ce sujet dans le parlement.— Projet de rétablir deux chambres. — Conférence de Cromwell avec les commissaires du parlement qui lui offrent la couronne. — Conspiration âes niveleurs. — Nouvelles conférences de Cromwell et des commissaires du parlement. — Longue hésitation de Cromwell. — Mécontentement des Républicains. — Résistance de Fleetwood et de Desborough. — Démarches inutiles du Protecteur pour les gagner. — Opposition de Lambert. — Desborough et le colonel Pride font présenter tme adresse à la chambre contre le rétablissement de la royauté. — Cromwell refuse le titre de roi. — Projets de Cromwell. — Sa conduite envers les Juift; son Indifférence pour toutes les sectes; anecdote à ce siget. —Victoires maritimes de Blake. — Sa mort.— Traits de son caractère.— Nouvelle inauguration du protectorat. —Richard Cromwell parait destiné à succéder à son père. — Proposition singulière de lord Broghill. — Mariage de deux filles du Protecteur.— Disgrâce et complots du général Lambert. — Conduite du colonel Hutchinson.

ES épreuves successives que Cromwell avait faites de l'indocilité du parlement, et la manière toujours violente et impopulaire dont il avait été forcé de le dissoudre, devait lui faire singulièrement redouter l'usage d'un pouvoir si difficile à manier, et si dangereux à détruire. Mais l'existence des parlements était si enracinée dans les mœurs des Anglais, et avait paru, à toutes les époques de leur histoire , tellement inséparable de la liberté, et même de la tyrannie, que l'impossibilité de s'en passer ne permettait pas de compter le danger de s'en servir.

C'était une conTiction nationale que l'argent du peuple ne pcfuyait être levé sans le Tote d*un parlement. Cette vérité, qui avait servi de commencement aux derniers troubles, survivait à tout, et la procédure du marchand Cony avait montré le danger des taxes imposées par la seule autorité du Protecteur. Un parlement était donc inévitable. Cromwell pouvait espérer de le trouver plus docile , après des victoires qui portaient si haut sa puissance. Et si une fois il obtenait, par le vœu libre du parlement, ces apparences légales qui lui avaient toujours manqué jusqu'alors, à peine pouvait-on calculer tous les appuis qu'il y trouverait pour sa sûreté , sa puissance et sa famille. Un coup d*œil sur les trois royaumes montrera quels obstacles et quels secours devait rencontrer le projet de Cromwell.

L'Ecosse, traitée presque en provinee conquise, ayant perdu son parlement national , assujétie à l'autorité militaire d'un gouvernement anglais , et à un eonseil eomposé en majorité de commissaires anglais, était à la f6ls plus soumise et plus florissante qu'elle ne l'avait jasiais été. [1656.] Par la fermeté de Monk, et la sagesse de lord Broghill , ce pays longtemps si désordonné et si malbeupcai avait fait des progrès dans l'industrie, et jouissait d'un repos civil et religieux qu'il n'avait pas connu depuis longues années. La conquête s'exerçait par un peuple, pour ainsi dire, compatriote du peuple vaincu, ayant la même langue, les mêmes mœurs , et plus avancé dans une civilisation semblable ; ainsi elle humiliait moins l'Ecosse qu'eHe ne servait a l'associer aux prospérités de l'Angleterre, et à pr^rer cette unité politique , résultat nécessaire de la situation des deux peuples. L'Ecosse devait, suivant la consttitution de Cromwell, envoyer trente membres au parlement d'Angle^ terre : mais, par l'influence de la conquête et de la force àe l'administration anglaise, le choix de ce petil MwAre de députés dépendait entièrement du Protecteur, et ne pM*

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