‹ Histoire de CromwellChapitre 138 sur 222 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

« rebelles, eût plus de crédit que moi auprès du général de « la République. » C'est que le général de la République s'était fait souverain; et, pour tout pouvoir qui s'élève, les amis d'un ancien pouvoir sont encore moins suspects que ceux de la liberté. Ludlow l'éprouva par l'accueil menaçant qu'il reçut du Protecteur. Rien ne caractérise mieux l'esprit du temps que l'obstination raisonnée de Ludlow ^ refusant de souscrire une promesse de ne point agir contre le gou- Ternement de Cromwell , et la demande réitérée de Crom*^ well , qui parait attacher à cette promesse la plus entière eonfiance. «c Quand même Néron régnerait, lui dit Grom- « well, il serait de votre devoir de vous soumettre.»—» Je « suis soumis , répondait Ludlow; mais si la Providence ou- «c vre une voie de salut , et permet quelque jour de s'armer « pour la cause du peuple, je ne puis me lier les mains et « renoncer d'avance à cette occasion. » Après beaucoup de Hoenaces contre Ludlow, Cromwell parut s'adoucir, lui adressa des paroles flatteuses, et le laissa libre. Mais, à l'approche des élections , il le fit de nouveau comparaître de* ▼ant son conseil-d'état, avec quelques autres Républicains éoBt il redoutait également l'influence. C'était Bradshaw, le président de la haute-cour, le colonel Rich , le chevalier Henri Vane , tout aussi inflexibles au pouvoir et aux séductions de Cromwell, qu'ils avaient été furieux contre la royauté. Bradshaw, qui portait devant les complices de la révolution toute la fierté du grand crime qu'il avait commis pour eux, rejeta dédaigneusement l'offi-e d'un nouveau titre de juge et la condition d'un nouveau serment. [16S6.] Il répondit qu'il était autorisé par le parlement , et ne pouvait <tre révoqué par un autre pouvoir. Cromwell n'osa rien entreprendre contre l'homme qui avait prononcé la sen-^ tence du roi.

> Ln(now'*« memoirs, v.TT, p. 5j$f.

ma HisTomB ds chomwell.

Le ool<wal lUeh et Ludlow, prei;sés par le Proteeteur di donner caution qu'ils n'agiraient pa^ contre son goumiidr iftent, refusèrent avee la francbiae et la hauteur qui aftoii ftea caraetikres de cette époque. l>e Protecteur irrité ea^ùj^ lliçh prisonnier au château de Windsor. Il montra plus dfl patience wrers ]Ludlow, qu'il avait toujours troippé, errât et estimé. U entra même avec lui dans une sorte de centrer, ver^ sur la légalité de son pouvoir* « Que voulez-vous, iil M disattJl, 91C désirez-vous de plus que ce que vous aveu? % idiaque hwime ne peut-il pas être aussi bon et aussi saint «c qn'Q le souhaite? » Ludlev^ n'eut pas de peine à ré^ pondre,. qu'il voulait la chose pour laquelle on anit eosh battu , c'est-à-dire que la nation fût gouvernée de son pio» pre consentement*

« Je suis de cet avis, dit Crom well , autant que perseapi n au monde : mais où trouverons-nous le consentement flc dont vous parlez? sera-ce parmi les É'piicopaux, les Près:* « bytériens, les Indépendants, les Anabaptistes, ou lesHie « veleurs? » -- « Parmi les hommes, quel que soit leur parti, « qui ont agi avec zèle et fidélité pour le bien public. » Cromwell, que la bonne foi d'une pareille réponse denît rassurer sur les vues politiques de Ludlow, continua ÏWf tretienpar de grands éloges de son gouvernement, a joutsat qu'il était résolu d'empêcher la nation de s'ensanglanter de nouveau. Ludlow répondit, qu'il y avait déjà trop de ssw répandu , si Ton n'en rendait un meilleur compte^ « C'est « bien fait à vous, reprit amèrement le Protecteur^ de nqe^ « ter sur n(His le crime du sang versé ; ndus voyons id « d'heureux effets de celui qui a coulé : nous savons quelles « communications secrètes existent aujourdliui entre les « Espagnols et des hommes de votre parti, qui se reoenh «( ment de vous , et affirment qu'ils ont votre aveu et votre «appui. »

Ludlow répondit qu'il n'avait pas de parti; qfie d'aillcars

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