LIVRE NEUVIEME
«aoiqaels j'ai donné ma sanction; et, sachant que ce fut « toujours la iM*atique des chefs de l*état de reconnaître par « des remerclments le zèle et le patriotisme des communes, « je les remercie cordialement de la bienveillance qu'elles « marquent en cela. »
Une conspiration découverte vint resserrer cette bonne intelligence, en faisant éclater le zèle de la chambre. Il ne s'agissait cependant que d'un soldat accusé , par deux de ses camarades, d'avoir voulu assassiner le Protecteur sur la route de Hampton-Gourt. Ce malheureux fut condamné en vertu du statut d'Edouard III, le chef de justice ayant déclaré, que par le mot de roi on entendait le magistrat suprême, quelque fût son titre. Ce soldat, nommé Syndercomb, fut trouvé mort dans sa prison, et l'on fit de cet obscur conspirateur ^ un agent de la cour d'Espagne et de Charles II. Le parlement fit célébrer un jour d'actions de grâces, en mémoire du péril auquel avait échappé le Protecteur. [1657.] Après le sermon , la fête se continua par un banquet solennel à White-Hall.
A la même époque, une anecdote singuUère prouvait que Je fanatisme qui avait commencé la révolution n'avait rien perdu de sa force. Un jeune soldat, qui avait servi sous le général Lambert, imagina de se faire passer pour Jéstùs^ Christ; il trouva des insensés qui le suivirent. Il entra dans Bristol, monté sur une.ânesse, entouré de fanatiques, qui jetaient sur son passage des fleurs et des branches d'arbre. Ce malheureux fut arrêté , et le parlement instruisit son procès. Une foule de lettres attestait la singulière illusion de ses disciples. Le parlement condamna sérieusement cet insensé comme blasphémateur % et lui fit subir la flagellation et le pilori.
Peu de jours après la prétendue conspiration de Synder-
> Turloe'8 state papers , v. VI , p. 90.
» The Parliamentary history , v. XXI , p. 45.
Ii6 HISTOIRE DE CROMWELL.
«mnb, le Protecteur fit propeser au partefnent de eefiftraer |»ar une loi la taxe du dixième imposé sur les Royalistes. {1657.] La chambre^ composée d'hommes , oti déTOués ï Gromwell, ou compromis par la révolution, n'avait >pas d'éloignement pour ces mesures de rigueur. Mais èOe sap" ^ortait avec impatience l'autorité des majors-généf^abx qui eu étaient l'instrument , et les plaintes s'éleydient dé toutes t>arts contre leur tyrannie. Gromwell, qui avait tiré de cette Institution tout le service qu'elle potivait rendre , ^t qui irouiait maintenant un appui plus légal dans la docilité du llarlement, n'hésita point à sacrifier les majors-généraux , tout en leur promettant de les mainteiiir; Peot-dtt^e edininençait-il à s'inquiéter pour lui-même d'une puitsance ie isette, nature. L'intention du Protecteur, à cet égarât se inarqua d'une manière peu équivoque par le langage des |)ersonnes de sa famille. Cleypole, son gendre, pr» la pafoie dans le parlement , et dit , « qu'il lui suffisait de lancer « lê gibier, et qu'il laissait à d'autres plus expérimeiltéÉ le « soin de le poursuivre ^ Mais qu'il ne pouvait disSinitiler « qu'ayant autrefois jugé nécessaire de confier aux majôrs- *c généraux l'autorité qu'ils avaient en eflPet exercée^ la coh- « tf nuatiôn de leur pouvoir lui paraissait malntenatit incom- « patible avec les lois de l'Angleterre et la liberté dripeuple.» Dans la discussion qui suivit, le colonel Hehri Gromvirell, neveu du Protecteur, énonça des opinions semblables. Un des majors-généraux demanda , que l'on désigîiàt ceux de ^es collègues qui avaient commis d'injustes violences. Heiiri Ci-omwell répondit « que l'on trouvait juste de fhipper «( tous les Royalistes pour les fautes de quelques^mis, et tt que par le même argument les torts de quelques-ufts des «( majors-généraux suffisaient pour justifier la punition de <t tous. » Ce jeune homme vint ensuite rendre compte de la
> The Parliamentary history, y. XXI, p. 54^