LIVRE NEUVIÈME
tear, et qui arait quelques malversations à se faire pardonner, fut chargé de porter les {Nremiers coups. Après avoir exposé l'état incertain de la nation, l'inquiétude des esprits, il proposa que le Protecteur fût prié de prendre le titre de roi ; et en même temps il offrit de lire un plan de constitution. Quoique les rôles fussent bien distribués et la majorité certaine, cette apparition soudaine de la royauté trouva d'abord beaucoup de résistance. Les majors-généraux destitués étaient redevenus Républicains ; tout le parti militaire de la chambre, associé à leur ressentiment, s'indigna de la proposition. Pack fût arraché brusquement de la tribune et. reporté jusqu'à la barre. Quelques légistes adroits, qui voulaient servir les vues du Protecteur, laissèrent cette grande émotion se calmer ; puis ils revinrent à demander la lecture du projet, le parlement étant toujours maître de le rejeter. [1657.] Une majorité nombreuse vota la lecture et l'examen du projet; il fut approuvé dans le point principal, l'établissement de deux chambres et d'une personne qui partagerait avec elles la puissance législative, et dont le titre restait en bl^BG. U ftit convenu que les chambres s'appelleraient chambre des communes, et autre chambre, l'esprit démocratique ne permettant pas de reproduire l'idée d'une pairie privilégiée. On arrêta même que le choix de cette chambre serait soumis à la révision de la chambre des communes. Quant au titre de roi , qui d'abord avait excité tant de scandale, on l'accorda sans beaucoup de peine, et la motion de Pack se trouva complètement adoptée. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que, dans cette épreuve, le Protecteur était soutenu par un nouveau parti, et avait pour adversaires ses anciens amis. Personne ne fut plus ardent à combattre la proposition du titre de roi , que Fieetwood , le beau-frère de Cromwell, républicain sincère. Le nom de ' royauté lui rappelait ses principes, et le soulevait contre un pouvoir qu'il avait fidèlement secondé.
3Jft HISTOIRE DE GROMWELL.
Ayafit adopté dans toutes les parties principales le pir^ que Paek avait produit schis le nom d'bumble adresse rt remontrance , ce qui fut remplacé par le titre ^ns respeetueux d'humble pétition rt avis, le parlement fi); demander au Protecteur d*étre admis prés dé lu| pour une oommaai-' cation importante.
Crom well, entcmré de son conseil et de ses officiers, reçut la' chambre en corps. Le président lui présenta Thiimble pétition^ appuyée d'un long discours, dans leipiel le pou^ voir et le titre de roi étaient désignés comme le mieux as** sertis à la constitutioii anglaise et au caractère des Anglais^ et, suivant l'exprestion de l'orateur, le^miewis oonwMde leurs lois. Cet argument, dont il était étrange d'abuser en' laveur de Gromwell, avait en effet beaucoup d« justesse historique. La révolution anglaise n^ayant pas été dirigée par une haine générale de l'ancien ordre de choses, n'avait été ni si profonde, ni si violente que celle d'un paya, où la chute de toute la législatif aurait aecompa^ celle du tréne. En Angleterre, le respect religieux du passé s'était joint à l'ardeur de l'innovation politique, et avirit servi à la modérer jusque dans ses excès mêmes; les lois andennci) toujours subsistantes, rappelaient la royauté bannie.
Gromwell se répandit en expressions générâtes d# piété; et II énonça l'intention de chercher le Se^neur, qui avait été son guide jusqu'alors, et qui lui mettrait dam le cceur la réponse qu'il devait fiiire.
Cette première démarche de la chambre n'ayant obtenu de Gromwell aucune explication précise, une fiouvelle adresse lui fut présentée sur le même sujet, avec la même solennité, et dans des termes encore plus expressifs, soit que tous les actes de cette comédie eussent été convenus d'avance , soit que le Protecteur eût en effet moins d'empressement à recevoir un titre, que la chambre, une fois engagée, n'avait de zèle potir bâter la servitude pvbfique.