‹ Histoire de CromwellChapitre 144 sur 222 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

Sur eette seeoiide instance, le Protecteur, $titi$ de qo«^ veaux t^oignages d'humilité et de respect pour la cham-t bre , aToua qu'il n'était pas encore eonvaineu. Il ajouta que^ u s'il entreprenait quelque chose sans une foi entière, ]» <» fer^ lui fiqanquerait, qu'il rede^ienârait le serviteur Ifr ^ plus incapable qu'aucune nation aurait jamais eu. Il d^ Il mandait dono la liberté de prendre conseil, et d'ei^pftser M S6a doutes, ses craintes, ses scrupules; bien qu'en man « tière semblable, dit-il, le monde ait jugé que la conscience (c ne devait guère avoir de scrupule. »

L'offre de la couronne prit ainsi la forme d'une négomatioB , et le parlement délégua plusieurs de ses membres | pour discuter à fond avec le Protecteur. Un incident re-i tarda l'ouverture d^ ces singulières conférences. Pendant que quelques Républicains apostats et quelques anci^ia Royalistes étaient si impatients de faire Gromwell roi , les hommes de k cinquième monarchie, ceux de tous les sectaires qui avaient le plus de folie et de bonne foi , songeaient à réaliser enfiâ la royauté de Jésus-Christ. [1657.] Cette conspiration était peu compliquée. Une soixantaine de perK sonnes devaient s'armer à Fimproviste, ne doutant pas qM tout le peuple ne les suivit. La vdUe du jour fixé pour cettie» attaque insensée , le major Harrisson, le cidotiel Rich, k^ viee^arairal Lawson , furent conduits à la Tour, comme les eheto secrets de l'entreprise. Le secrétaire d'état Tburloe mit souft les yeux de la ehambre l'étendard des conjurés y qufib apfelaient la bannière que Dieu a dotmée â son peupkdU/perié. On y voyait pour devise un lion couché ^^ avee ees mote de la Genèse : Qui osera le faire lever? Le but de la conspiration était de placer en Jésus-Christ le pouvoir législatif siiiH*éme, et de former un conseil qui représenterait l'assemblée des saints, et agirait au nom et par. la lumière de Jésus-Christ. Thurloe, dans son rapport à la chambre, se crut obligé de séparer la cause de ces homines,

de celle des amis de la liberté* II eut ^ soin d'avertir qne Forigine de pareils complots remontait tort loin; que ce n'était pas le résultat du mécontentement excité par les efforts de la chambre pour constituer le peuple anglais sons une forme nouvelle qui pouvait paraître désagréable aux gens de bien ; que la conspiration était ancienne, toujours active , formée par des hommes incapables de repos et qu'aucun gouvernement ne satii^rait. Au reste, Gromwell, qui fit détenir extraordinairement les prévenus sur un ordre de sa main, ne se hasarda point à les faire ju^^er.

La découverte d'une pareille entreprise concourait à propos avec la grande question qui était alors agitée. La peur de l'anarchie a toujours été l'excuse de l'esclavage. La chambre manifesta son horreur pour un si grand crime , et ses commissaires furent admis enfin prés du Protecteur, qu'ils étaient chargés de convaincre.

Excepté le jurisconsulte Liste , aucun des membres de ce comité n'avait participé à la mort de Charles. Cette circonstance fit croire que leur zèle pour rétablir les formes monarchiques cachait une arrière-pensée favorable à la cause des Stuarts. On a supposé même, que les démarches de la chambre des communes étaient déterminées par l'espérance de perdre Cromwell en le couronnant, et de l'accabler sons le succès de son imprudente ambition. Il est certain qu'un grand nombre de Royalistes se montrèrent fort empressés pour l'élévation de Cromwell ; mais la servilité des hommes n'a pas besoin d'être expliquée par les calculs d'une politique si subtile et si prévoyante. Beaucoup d'illustres familles, suivant Clarendon , regrettant la perte de leurs privilèges, se flattaient de reprendre leur rang autour du tr6ne, occupé même par un usurpateur. Telle était sans doute l'espérance de lord Broghill, qui, phis que personne, sollieita

■ Thurloe's state papers , v. ÏV, p. 132.

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