‹ Histoire de CromwellChapitre 145 sur 222 · LIVRE NEUVIÈME. ' 52S · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. ' 52S

Cromweli d'accepter le titre de roi. Les autres membres d» comité , Whitelocke, récemment nommé commissaire de la trésorerie; LenthalletFiennes, commissaires du sceau; le colonel Wolsey , le colonel Jones , le chef de justice Glynne , élevés par la révolution et créatures de Cromweli, n'avaient d'autre intérêt que la durée de son pouvoir; et dans les instances qu'ils adressaient à Cromweli , on ne peut pas plus douter de leur sincérité que de leur bassesse. Saint-John ^ était le seul membre du comité qui , après avoir été le confident de Cromweli, parût séparé de lui et peu favorable à sa puissance. Il avait désapprouvé le protectorat, et dès lors s'était renfermé dans ses fonctions de juge , sans conserver de crédit sur Cromweli , et même ayant quelquefois besoin d'être défendu près de lui. Il parla peu dans cette conférence.

Whitelocke, président du comité, annonça qu'il était chargé de répondre aux scrupules et aux objections du Protecteur contre le titre de roi. Cromweli avoua 4iu'il avait une déplaisance générale pour cette chose ^ et pria les com- DQiissaires de lui dire chacun leurs motifs particuliers ^^ ajoutant qu'un autre mode de discussion lui ferait perdre le fil de ses idées.

L'argumentation commença sous cette forme. Les commissaires parlaient successivement avec beaucoup de méthode , et attaquaient tour à tour, par divers points , la conscience du Protecteur.

• Whitelocke exposa que le titre de roi était un titre anciennement connu , auquel se rapportaient toutes les lois , auquel se liaient les droits généraux et les libertés du peuple , qui aurait à la fois pour base , et la constitution présente , et les lois anciennes de l'Angleterre , et qu'enfin il y avait dans ce titre plus de stabilité , de suprématie et de sanction

» Thupîoe'8 State papew, ▼. Vil, p. 914.

■ The Pariiamentary hlstory, v. XXÏ , p. (».

s» HISTOIRE DE GROMWËLL.

Civile , que dans le titre de Protecteur , dont rapplicatkm était nouvelle et les rapports incertains.

Lenthall considéra la question dans l'intérêt de la liberté, avec cette hypocrisie d'indépendance qui , lorsqu'elle se mêle à la servitude , la rend plus incurable. Il pressa Cromwell de prendre le titre de roi, parce que le titre de Protecteur n'avait pas délimites. II lui en fit un devoir, au nom de la volonté du peuple.

Le chef de justice, Glynne déclara qu'A n'y avait jamais en d'objection contre le pouvoir du roi, mais seulement contrôles vices de l'administration; il fit valoir les anciennes limites fixées à la prérogative royale, même dans les cours judiciaires, tandis que la puissance du Protecteur n'était ni réglée, ni définie, et que Cromwell, en jurant à ce titre d'obéir aux lois , n'avait fait qu'un serment illusoire et sans application. Mais ne pouvait-on pas attach^er au titre de Protecteur des conditions précisément semblables à celles de la royauté? Le chef de justice , en répondant à cette dernière supposition , dit que ce n'était plus alors qu'une question de mots , et supplia Cromwell de ne pas rompre avec le parlement pour un mot.

Le colonel Wolsey borna son discours à répéter, que l'esprit des trois peuples tenait beaucoup- au titre et à l'office de roi; que c'était une inclination générale que Dieu avait mise dans la nation, que la nation aimait la monarchie, et la monarchie sous le titre de roi.

Bien n'est si étrange que les confusions et les renversements d'idées qui s'opèrent dans les temps de trouble : « Votre Altesse, disait Wolsey, a bien voulu, en parlant « au parlement, se donner le nom de son serviteur. Vous « êtes en effet le serviteur du peuple , et c'est là votre plus « grand honneur ': j'espère, par conséquent, que vous lais- « serez au peuple la liberté d'appeler son serviteur comme « il lui platt. Les représentants du peuple désirent que vous

Page 1