LIVRE NEUVIÈME
Thurioe, confident du Protecteur. Le même jour, Crom* well reçut le parlement; et, dans un discours d'une bumi-* lité assez maladroite, il exprima son refus, en regrettant d'ayoir été pour la chambre l'occasion d*une si grande perte de temps* s( J'ai eu le malheur, dit-il, dans les conférences Il avec votre comité, et dans les réflexions que j*ai pu faire, H de n*étre pas convaincu de la nécessité d'une chose que « vous m'avez si souvent proposée , je Veux dire le titre de «roi f et cependant je déclare qu'aucun jugement particule lier ne peut être mis en balance avec le jugement du parie lement; mais, dans les choses qui regardent la conduite « personnelle, tout homme étant obligé de rendre un compte » a Dieu, doit pouvoir justifier ses actions, et trouver dans ic sa propre conscience une approbation de ce qu'il fait, ou « de ce qu'il évite ; et lorsque vous accordez à tous les au- 4f très leur liberté, certainement vous ne me refuserez pas K celle-là (d'autant plus que ce n'est pas seulement une lifi berté, mais un devoir dont je ne puis m'abstenir sans pé- «e^ehé), vous me permettrez d'examiner mon cœur, mes 4c pensées, mon jugement, dans toute œuvre où je dois met- K tre la main. » Après deux ou trois galimathias du même genre, et l'aveu que le gouvernement qu'on lui propose renferme d'excellentes choses, excepté le titre de roi, le Protecteur termine son pénible discours et cette longue comédie par ees paroles expresses : u Je ne puis me charger «< du gouvernement avec le titre de roi. »
Une si grande question, qui, dans l'origine, n'avait été qu'un incident de la discussion , étant écartée sans retour , le parlement reprit l'examen de l'humble pétition, et décida que le titre de lord Protecteur remplacerait celui de roi. Cromwell se rendit à Westminster , et reçut la députation de la chambre , qui lui présenta la rédaction définitive de cet humble avis, si longtemps débattu. C'était une constitution toute favorable au pouvoir d'un seul. Ludlow dit
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avec raison : » La chambre n'était alors composée que de (c ceux qui voulaient le Protecteur Gromwell avec une ar< « mée , ou le roi Gromwell avec une armée. » [1657.]
Après la lecture de cet acte, le greffier de la chambre prononça ces mots : « Le lord Protecteur consent; n et Gromwell prit la parole pour remercier la chambre. Il exagéra la grandeur du fardeau qui lui était imposé, et demanda le secours de tous ceux qui craignent Dieu, afin qu'il eût assistance de la main du Seigneur. « G'est la vérité, dit-il, et <( je puis le dire en présence de Dieu , aucun motif n'aurait » pu me déterminer à recevoir ce fardeau, insupportable à «c la chair et au sang, si je n'avais toujours vu dans ce parle- <c ment un soin particulier de faire toutes les choses qui <c pouvaient réellement conduire au but que nous sommes » obligés d'atteindre.
« En vérité, dit-il encore, j'ai un témoin en Dieu que «( rien n'aurait été pour moi une raison décisive. Quelque «( désirables que les grandes places paraissent aux autres «( hommes , je le répète , rien n'aurait été pour moi uhe rai- « son de me charger de celle-ci; mais j'ai vu les choses dé- » terminées par vous dans l'intérêt évident des libertés de « la nation, pour la liberté , la sûreté de tous ceux qui crai- «( gnent Dieu, de tous ceux qui le craignent sous des for- » mes diverses ; et si Dieii ne rend pas ces nations recon- « naissantes envers vous pour les soins que vous avez pris, <( cela retombera comme un feu sur leurs têtes ; voilà quel <i a été mon principal motif.
« J'avoue qu'il y a d'autres choses que je désire , la ré- « forme des mœurs, la répression du vice, l'encouragement « des hommes de bien et de vertu. »
Ges expressions vagues et mystiques avertirent la chambre d'ajouter à l'humble avis quelques dispositions nouvelles.
Suivant un récit de Burnet, Gromwell, s'il eût accepté